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Tale me more - Page 44

  • Au coin !

    vie-tres-privee-sim-jonathan-coe.pngLa vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe

    Si la vie de Maxwell Sim est si privée, c'est surtout parce qu'il n'y a pas grand monde avec qui la partager. Sa femme est partie avec leur fille, lasse de cotoyer un homme si peu expansif et d'en recevoir si peu de soutien. Il lui reste un père, avec lequel il ne s'est jamais vraiment entendu et qui vit à présent en Australie.  Et peut-être quelques vagues relations de travail.

    Rien de folichon jusqu'à ce qu'il s'immisce dans l'intimité d'une mère et sa fille et se dise qu'il a peut-être manqué quelque chose. Justement se présente l'oportunité d'une expérience nouvelle : aller au coin.

    Une entreprise expédie à des fins promotionnelles des employés aux quatre points cardinaux extrêmes du Royaume Uni. Maxwell hérite du nord et d'un GPS sexy en diable...

    Du Jonathan Coe tout craché, un modèle du genre. Le roman boucle parfaitement, comme toujours, en éclairant et en assemblant différentes pièces du puzzle. On y trouve tous les thèmes récurrents que je ne cite plus. Je souligne tout de même l'importance, une nouvelle fois, de la famille. Après les femmes de La pluie avant qu'elle tombe, les hommes sont à l'honneur au travers d'une délicate relation père-fils.

    Beau morceau, même si mon "top 3 Coe" reste inchangé. 

    Il ne m'en reste plus qu'un à présent : Expo 58. Heureusement que le monsieur écrit vite!

     

  • Enquête au porte-à-porte

    lisa gardner,maison à coté,bon polar,tonnes de suspects,il vous faut quoi  de plusLa maison d'à côté, Lisa Gardner

    Ce n'est pas une entorse à la règle du "stop thrillers", quand même pas dès ma première lecture estivale, pour qui me prenez-vous? Ce livre-ci compte pour juin, date à laquelle il aurait dû être terminé s'il ne s'était avéré que le livre audio, emprunté à la médiathèque, était salement rayé à partir de la 20e piste. A la première coupure je me suis crispée sur le volant. A la 2e j'ai commencé à pester de manière très impolie. Vous n'êtes pas sans savoir combien je suis attachée à l'intégrité d'un texte. Un mot illisible, une page arrachée dans un coin, une phrase sautée et c'est le drame, le début de terribles désordres psychologiques.

    J'ai tenu 4 ou 5 pistes comme ça mais toute mon imagination n'a pas suffi quand les rayures sont devenues des canyons me faisant sauter 30 secondes d'un coup. C'est dingue ce qui peut se passer en 30 sec. de lecture ! Bien sûr le livre papier était absent du catalogue médiathèque. Toutefois je l'ai trouvé chez Gibert! C'est à dire qu'il était en stock dans leurs fichiers, mais impossible de mettre la main dessus en rayon. Bref, il m'a fallu plus d'un mois pour mettre la main sur les quelques heures manquantes, que j'ai enfin écoutées sur la route des vacances.

    C'est un roman génial , avec un vrai suspense, même si on pense que... 

    L'enquêtrice est drôle comme tout, et - je me retiens de l'écrire en très gros caractères - elle n'est personnellement pour rien dans cette histoire. Elle est célibataire  ne traîne aucun vieux démon qui ressurgit pour poluer son travail. Elle se contente de saisir des ordinateurs, d'analyser des couvre-lits et d'interroger des suspects!

    Tiens j'ai oublié de vous dire qu'une gentille prof, discrète mère de famille a disparu. Ou plutot je l'avais bien mieux dit dans une première version de mon article disparue elle aussi, avant-hier, la faute à une connexion internet un peu taquine. 

    C'est le sujet du livre, cette disparition, avec la petite fille qui dort encore sagement dans son lit quand le mari rentre, mais plus trace de la femme, en dehors d'une lampe brisée. Et les suspects sont délicieusement nombreux, à commencer par le mari qui doit sans cesse se répéter d'avoir l'air éploré. Mais il y a aussi le délinquant sexuel du quartier, un amant potentiel, un élève amoureux et un grand-père indésirable.

    J'ai aimé me faire mener en bateau!

    A lire pour passer un bon moment. 

  • Retard de livraison

    fille-parfaite-kubica.jpgUne fille parfaite, Mary Kubica

    Mon dernier thriller avant  une  pause estivale destinée à frapper un grand coup dans ma p.a.l. et à me consacrer exclusivement à des romans que je suis presque sûre d'adorer. 

    J'ai découvert le sens profond de ce roman ! Enfin ma capacité d'analyse semble renaitre de ses cendres ! Il est évident quand on assemble les pièces du puzzle qu'il s'agit là du cri d'un coeur scandalisé,  d'un texte engagé, d'une satire d'autant plus habile qu'elle se dissimule sous les dehors proprets d'un roman à suspense banal doté des caractéristiques habituelles : alternance de passages  "avant" et "après"  qui induit une progression en entonnoir dont le but est de découvrir ce qui s'est passé au milieu et usage de voix multiples, celle de la mère, celle de l'inspecteur, celle de Colin...

    En réalité, derrière cet adorable roman saupoudré de romances - l'une très prévisible, l'autre en bonus - se cache une attaque féroce des services de La Poste. Voyez seulement : Un gars - qui est un criminel mais un client est un client et venez comme vous êtes - paye pour qu'on lui livre un colis - qui s'avère être Mia, fille d'une riche famille - et le livreur, Colin, ne livre pas dans les délais. Dénué de toute conscience professionnelle, il préfère aller s'enterrer avec la fille dans un chalet en plein hiver.  D'où, pour le client excédé, un important manque à gagner : dans ces conditions, comment exiger une rançon?  Et pensez-vous qu'il sera question à un quelconque moment du dédommagement? Rien. 

    Preuve ultime, ce 'R' renversé dans le titre et aux amorces des chapitres : appel à boycotter les Recommandés, qu'on finit par utiliser en lieu et place du courrier normal tant on craint qu'il n'arrive pas à bon port. 

    Enfin, moi, je ne vois que ça.

     

    Je remercie Babelio de m'en avoir confié la lecture dans le cadre d'un spécial Masse Critique : il était bien meilleur que Dérapages

     

  • Affaires internes

    police-nesbo.pngPolice, Jo Nesbø

    Difficile entrée dans le roman. Ma faute, puisqu'après Le bonhomme de Neige (T7), je redécouvre Nesbo (je ne vais pas faire deux fois l'effort du o barré, quand même!) avec le T10 de la série Harry Hole, Police.

    Titre sobre qui m'en aura bien fait baver, au début, perdue que j'étais faute de savoir où était le célèbre inspecteur. J'ai pensé qu'on essayait de me faire croire qu'il était mort. Allusions multiples, absence du personnage... l'affaire était bien menée.
    Mais ... il y avait tout de même la grosse pastille "Enquête harry Hole" sur la couverture! Alors soit un mou du cerveau a tout saccagé le beau procédé de l'auteur, soit cette idée stupide est un pur produit de mon imagination qu'une connaissance du tome précédent aurait empêché.

    C'est assez lent, au début, ce que je n'ai pas été la seule à noter, c'est une impression partagée par d'autres lectrices.

    Mettre "+1 Policier impliqué personnellement dans l'histoire" serait dérisoire. C'est +10, +15, +36... qu'il faudrait puisque tout se passe en famille dans le roman : des flics enquêtent sur des meurtres de flics sur les scènes d'anciens crimes non résolus. Ils sont tous impliqués jusqu'au cou.

    C'est assez sombre, comme écriture. Masculin (mais sans excès), puisqu'à présent je me sens très à l'aise avec cette typologie, sans pouvoir encore en énumérer les traits. Passé la première grosse tranche de roman, ça devient tendu, addictif, bien rythmé, riche en rebondissements et en fausses pistes. Le pervers, la nana nympho , les collègues ripoux, les politiciens véreux... Les suspects ne manquent pas.

    Notons aussi l'évolution d'Harry, qui semble s'être amorcée dans les volumes précédents et ne fait que s'amplifier. Pour le bien du personnage? Le nôtre? Mmh pas si sûr...

    Globalement, passé le rude début, très bon moment. Toutefois je maintiens : encore un dernier polar, celui qui est en cours et dont je dois rendre l'avis pour Babelio sous 18 jours. Et ensuite, trêve de romans policiers pour le reste de l'été!! un retour aux fondamentaux pour les vacances.
    Liste à venir, quand je sentirai approcher l'heure des valises.

    En attendant, bonne soirée et bonnes vacances aux chanceux qui me précèdent !

     

  • Vue sur mère

    arrache_coeur_vian.pngL'arrache-coeur, Boris Vian

    En 2011 j'ai redécouvert et enfin apprécié L'écume des jours, que j'avais lu bien des années auparavant, trop tôt. A ma satisfaction, j'ai retrouvé dans L'arrache-cœur le même débordement délirant de l'écriture, style reconnaissable entre tous qui mêle à un univers quotidien familier toutes sortes d'intrus.

    Comme ces mots forgés de toutes pièces mais dont on parvient grâce au contexte à saisir le sens potentiel. Certains passages - que j'ai oubliés, je suis impardonnable et le support livre audio ne me permet guère de feuilleter - étaient sublimes, pure poésie.

    Dans l'écume des jours, avec ce thème de la maladie dont je reconnais qu'il ne me met jamais à l'aise, mon plaisir n'était pas complet. J'ai été très surprise de l'orientation prise par l'Arrache-coeur, d'une part parce que j'ignorais tout du contenu, d'autre part parce que je ne l'ai pas sentie venir avant un bon moment, focalisée que j'étais sur Jacquemort, le psychiatre qui, au début du roman, arrive au village.

    Il se déclare né de la dernière pluie, quasiment au sens propre: il prétend être né l'année précédente et cherche des esprits à étudier pour remplir le vide de son être. Au premier chapitre, il pénètre dans une maison où une femme est en train d'accoucher, tandis que le mari, l'infâme fécondateur auteur de cette douleur infernale, a été puni et enfermé dans sa chambre.

    Ce sont trois bébés qui viennent au monde. Pas des triplés, non, des trumeaux :  2 + 1. Ce petit détail, ainsi que les prénom choisis, Joël et Noël + Citroën m'ont conquise. Après, c'était parti. Tout, le psy bizarre, les gens étranges au village, la foire aux vieux, le curé, ses prêches délirants et son combat contre le démon sur un ring... La barque de l'homme qui prend sur lui toute la honte des habitants. Les apprentis qui se prennent des coups parce que c'est la coutume. J'ai trouvé chaque passage génial, chaque personnage fabuleux.

    D'où ma surprise lorsque j'ai compris que le roman se recentrait sur les enfants et que la mère était le personnage central, en réalité. Une mère fascinante, brusquement prise d'une sorte de fureur maternelle, ou plutôt d'une obsession de se renvoyer à elle-même l'image d'une mère parfaite. Ce qui semble, dans son esprit, être synonyme de sacrifice. Des sacrifices absurdes. Et d'un empressement morbide à imaginer ce qui pourrait leur arriver de pire, avec pour prétexte de les en protéger. La fin du roman décrit l'escalade de cet amour exponentiel.

    Un thème fort, parmi d'autres, qui vient clore superbement le texte. Comme dans l'écume des jours, il y a matière à réflexion sur notre société presque à chaque page.

    L’œuvre est riche, si vous ne connaissez pas Boris Vian, c'est le moment de faire montre d'un peu d'audace et de sortir des sentiers battus.