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Urgences

  • Docteur oust

    havre des pique assiette,était en attente dans ma bibli depuis 6 ans,sarah waters,indésirable,désiréeL'indésirable, Sarah Waters

    J'ai pardonné à un roman choisi pour mes vacances, écrit par Sarah Waters, de ne pas contenir autant de romances lesbiennes que j'étais en droit de les attendre. Magnanime, je l'ai noté trois étoiles dans mon classeur.

    C'est que je n'ai pas d'autre exemple de roman fantastique contemporain. C'est admirablement fait, dès le titre (v.o. the little stranger).

    Enfant d'une modeste famille, Faraday est vivement impressionné par une visite à Hundreds, le domaine des Ayres, famille aristocrate locale. Des années plus tard, petit médecin de campagne, célibataire sans le sou, il voit ce souvenir ressurgir lorsqu'un imprévu le conduit à se rendre au manoir pour des soins.

    Il découvre alors une propriété à l'abandon, bien loin de l'image qu'il en conservait, et une famille à l'image des lieux. Un fils revenu blessé de la guerre, une mère fatiguée, une fille au physique ingrat qui porte le domaine à bout de bras, un personnel de maison décimé.

    L'atmosphère historique est très bien rendue, comme toujours chez Sarah Waters, je ne peux pas lui enlever ça. Ils sont parfaits ces aristocrates dont le déclin est d'ores et déjà consommé mais qui cachent les trous dans les moquettes, sont prêts à se priver de tout pour claquer ensuite les ressources économisées dans une fête qui n'a aucun autre but que de conserver les apparences d'une époque faste passée et qui s'accrochent à leurs pierres croulantes au lieu de lâcher le morceau.

    Les relations entre les personnages, rien à redire non plus. C'est intelligent. Sans énorme surprise mais bien mené.

    J'étais partie pour vous parler du titre et je me suis égarée... Petit à petit, le médecin multiplie les visites et l'atmosphère du manoir s'assombrit. De drôles de choses arrivent... S. Waters aime bien le surnaturel, elle nous a déjà fait le coup avec Affinités.  Ici, il n'est jamais bien facile de démêler le vrai du faux. L'indésirable n'est peut-être pas celui qu'on croit. Dans une vieille baraque isolée, qui prend l'eau de partout, que sont quelques bruits et tâches sur les murs ?

    Jusqu'au bout, le lecteur reste libre de son interprétation.
    On dirait bien que j'ai bien aimé. 

     

     

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  • Le lion au corps

    la lune est à nous, cindy van wilder, mieux que la coke, LGBTQQI2SAAP, le lion au corps, une locomotive dont le confucteur est pas en grèveLa lune est à nous, Cindy Van Wilder

    Le titre me plaît énormément, il est à l'image du roman, plein de mordant et d'assurance. Pour l'avoir rencontrée à l'occasion d'un petit salon de l'imaginaire, où les auteur.e.s étaient particulièrement accessibles, je sais qu'il est aussi à l'image de son auteure. Même sans lui parler directement, j'ai senti chez C. Van Wilder le même rayonnement bienveillant.

    Etre ado, être gros.se et s'en prendre plein la tronche, voici le coeur de ce roman jeunesse, décliné au féminin avec Olivia, qui s'épanouit au travers de son blog jusqu'à ce qu'un connard déclenche une tempête, et au masculin avec Max, complexé, qui doit faire face au divorce de ses parents et à un déménagement imposé en Belgique.

    C'est un tour de force d'obtenir un texte aussi cohérent en abordant tout ce qui peut faire souffrir : cyber harcèlement, grossophobie, homophobie, non représentation des personnes racisées dans les médias, la culture, le marketing, sexisme, conflit avec les parents, pression des réseaux sociaux, adoption...

    J'ai aimé l'analyse de la portée des réseaux sociaux et des moteurs de recherches, qui sont à la fois des algorithmes insensibles qui conduisent au formatage des contenus et à l'hyper-exposition des stéréotypes mais aussi le lieu où trouver des représentant·es, des modèles, des groupes communautaires et du soutien quand on appartient à une minorité ou qu'on est isolé·e.

    Si le roman soulève tout ce qui peut faire mal, c'est pour nous inonder ensuite de baume. Il est beaucoup question d'amitié et d'amour. Et pour une fois, personne n'est oublié, on s'aventure même un peu au delà des deux premières lettres de LGBTI. Ça fait un bien fou.

    J'ai été profondément émue. Ce livre ne rouvre pourtant pas chez moi des cicatrices d'adolescence. J'étais alors quelconque, cisgenre, blanche, lunettes, appareil dentaire, cheveux longs raides et moches, je n'ai jamais été particulièrement moquée ni embêtée. Ce que le livre chatouille ou grattouille, c'est plutôt mon identité d'adulte, mal sortie de son cocon, le conflit larvé qui m'oppose à mon corps, le mec aviné à Lorient qui m'a abordé dans la rue pour me demander si j'étais "lesbienne ou quelque chose comme ça", qui m'a fait peur et auquel je n'ai rien su répondre d'intelligent. Ma position incertaine sur tout un tas d'échiquiers, quand je ronchonne contre mes semblables, mon hésitation entre repli résigné et combativité. Savoir lâcher même dans ces moments où on se sent comme perfusé d'énergie, parce que le combat n'a pas vocation à être emporté. Savoir au contraire dénicher un peu d'enthousiasme pour raviver une journée morose...

    Ce livre en est une, de perfusion d'enthousiasme. C'est un roman lumineux, humaniste, plein de peps, qui invite à l'amour, à l'amitié, à la solidarité et à la lutte.
    La lune est à nous. A nous.

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  • Bon sang ne saurait mentir

    paris osé,eugène et jules,mystères de larispemLes mystères de Larispem : Le sang jamais n'oublie,
    Lucie Pierrat-Pajot

    Décidément un bon début d'année! Encore un titre qui vient grossir la catégorie "urgences". Coup de coeur pour ce roman jeunesse, plein d'esprit, de références historiques et d'héroïnes dégourdies. J'ai un faible pour celle avec des rondeurs qui aime les mécanismes ^^ On se demande pourquoi.

    Imaginez que l'insurrection de la Commune n'ait pas connu le même dénouement et que Paris se soit constituée Cité-Etat. Que le bien-être de tous les citoyens, l'égalité, la fraternité n'y soit pas que de vains mots. Que la cité soit dirigée par un triumvirat dont fait partie Jules Verne. Que de célèbres monuments soient devenus des gares de dirigeables. Que l'état de boucher soit le plus enviable de tous. D'ailleurs leur argot (qui existe vraiment!) est utilisé dans le roman, c'est ludique (et génial) comme idée. 

    Vous obtenez un livre captivant, dans une ambiance steampunk très réussie.

    L'intrigue tourne autour de deux amies, deux jeunes filles, l'une apprentie bouchère, l'autre qui travaille sur des automates et réside dans un foyer de jeunes travailleurs, d'un mystérieux complot politique, d'un orphelin, d'une lignée dont le sang possède d'étranges pouvoirs. J'attends la suite avec impatience ! A lire avec des enfants (10 ans ? Un peu moins ? Plus ?) ça doit être un vrai plaisir.

    Dire que j'ai failli passer à côté de cette lecture pour un détail : le titre contient un mot qui m’écœure. Ils ne sont pas nombreux, mais certains mots me mettent mal à l'aise, physiquement. Ici c'est Larispem. Très désagréable. Comme le goût du lait. Le seul autre truc qui me fait cet effet et auquel je pense, c'est le titre de Julien Doré "Coco câline". rien que de l'écrire... brrrr... beurk. Je cherche encore le point commun entre les deux.

     

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  • Bad beach boys

    ou on voit que je suis crevée et émotive, garçon, été, lighieri, thriller de l'adolescence, sang et eau Les garçons de l'été, Rebecca Lighieri

    Surf et beaux gosses, je ne pouvais que passer mon chemin ! Mais dans la sélection Folio de janvier, ces garçons de l'été étaient les chouchous de l'équipe et l'enthousiasme de l'argumentaire a suffi à piquer ma curiosité.

    Bon sang, qu'est ce que c'était bon... Lent et crépusculaire. Comme un amour d'été qui s'éteint.

    C'était pourtant un roman un poil trop mature pour moi. Je suppose qu'on le lit avec davantage d'intensité quand on sait ce que c'est que d'avoir des enfants. La mère est fabuleuse, dans son aveuglement. A travers son regard, on les fait nôtres ces deux jeunes dieux du surf, beaux et inconscients de tout ce qu'on a à perdre quand on est au plus haut de la vague.

    Le sentiment de danger ne culmine pas quand tout explose, c'est ce que j'ai trouvé de plus réjouissant - et étouffant - dans ce roman qui est à demi un thriller. L'autre moitié je ne sais pas trop. Ni une chronique familiale, ni un mélodrame. C'est réaliste, mais ça ne risque guère d'arriver. C'est un drame, mais si j'ai pleuré, je l'ai oublié.

    Soupir. Je voudrais être Zachée. N'ai-je pas plutôt été un peu de tous les autres, parfois ? Sauf Ysé, peut-être, qui est à part.

    Sang et eau...

    C'est une histoire. Elle m'a beaucoup plu. Je suis comme amoureuse. J'ai envie d'y retourner.

    Le relire un jour.

     

     

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  • Le guet luron

    guerre,pratchett,nain carotte,femme à poils,inventeur déjanté,humour que j'aime,satireVa-t-en guerre, Terry Pratchett

    21e livre des Annales du disque monde. Heureusement il m'en reste quelques uns à l'horizon et tant mieux. Je file droit sur Terry Pratchett quand je veux être certaine de m'amuser un peu. 

    Si vous ne connaissez pas cette série fantasy, sachez que chaque tome nous offre une satire thématique qui se déroule dans un même univers - principalement la ville d'Anhk-Morpok - et qu'on retrouve divers personnages tantôt dans un roman, tantôt dans un autre. Par exemple des universitaires magiciens, des sorcières, l'incarnation de la mort, une guilde des assassins à jour de ses cotisations sociales, ou bien encore les membres dévoué du guet (la police municipale).  Ce sont eux les héros de ce volume, comme d'un précédent que j'avais bien aimé, Au guet!, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'on recrute large, dans leurs rangs : 

    Quelques imbéciles patentés nantis de doutes existentiels sur leur potentiel de séduction.

    Une louve-garou, un troll, une gargouille, un zombi, dont les différences sont pleinement exploitées. 

    Carotte, le nain qui s'ignore, incarnation de l'exemplarité et du devoir accompli, d'une candeur telle qu'il peut donner une tape sur la main des assassins et leur proposer de plutôt jouer au foot et ne voit en tout verre à demi vide qu'un récipient qui déborde d'amour de ses semblables.

    Sans oublier Vimaire, leur chef volontaire mais parfois exténué devant l'ampleur de la tâche à accomplir.

    Le thème de ce volume est inscrit dans le titre : la guerre. Un continent surgit brutalement des eaux à mi-chemin d'Anhk-Morpok et du royaume voisin du Klatch et mus par un instinct ancestral, les citoyens ne tardent guère à vouloir se mettre sur la gueule pour gagner le droit d'y poser le pied. 

    On reconnaît rapidement l'opposition Occident / Orient, et la façon de chacun d'insulter l'autre et de déverser des clichés est vraiment marrante. Une mention spéciale au personnage qui fait référence à Léonard de Vinci, un inventeur presque génial et visionnaire mais déconnecté de la réalité. 

    Un bon tome dans la série, qui me donne envie de pas attendre trop longtemps avant de lire la suite.

    Je conserve tout de même une préférence pour Les petits dieux ou Le faucheur.

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