Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Urgences

  • Un truc qui cloche...

    Blog-Dome-Stephen-King.jpgDôme, Stephen King

    Quand Stephen King utilise une cocotte minute pour faire monter la pression de son lectorat on obtient Dôme, roman fichtrement addictif. Deux tomes de 700 pages dévorés en un rien de temps.

    Lire la suite

  • Le gars à ne pas prendre pour une truffe

    logique de l amanite,ah non pas une 2e fois le nom de l auteure,ma recette cjampii c est a la creme,avec du blanc de poulet,de la moutarde et des herbes de provenceLa logique de l' amanite, Catherine Dousteyssier-Khoze

    1. Il était temps qu'on associe les champignons à autre chose qu'aux pieds nus à la piscine et aux pieds lourds des chauffards! Je me suis tout de suite sentie en emphatie avec ce pauvre Nikonor, élevé par un père mycologue qui lui a transmis sa passion, mais affublé d'une détestable soeur et incompris de tous.

    Quel personnage délirant que ce narrateur un brin snob qui, retranché dans son château, déroule pour nous le journal de son existence, proteste contre l'absence injustifiable des champignons dans la littérature classique, se perd en de longs et obsessionnels développements sur les cèpes et  ne manque pas de signaler, presque en passant, la funeste manie de ses proches - particulièrement ceux qui lui déplaisent ou le gênent - de mourir ou de disparaître.  Pas qu'il les regrette beaucoup remarquez... des imbéciles qui ne seraient peut être pas capables de distinguer un champignon comestible d'un vénéneux si quelque hasard devait en placer un dans leur assiette. 

    Je me suis beaucoup amusée,  à épouser les pensées de ce tordu ! Je n'ai pas enregistré le quart des informations données sur les champis mais ils avaient toute leur place dans l'univers de ce personnage excentrique.  

    Agréable touche d'originalité que ce roman vers lequel je n'aurais sûrement pas été sans les matchs de la rentrée littéraire price minister auxquels je participais pour la 3e fois. 

    Puisque note il faut pour l'occasion,  ce sera un bon 16. 

    #MLRL15 #Priceminister

     

     

  • Enquête au porte-à-porte

    lisa gardner,maison à coté,bon polar,tonnes de suspects,il vous faut quoi  de plusLa maison d'à côté, Lisa Gardner

    Ce n'est pas une entorse à la règle du "stop thrillers", quand même pas dès ma première lecture estivale, pour qui me prenez-vous? Ce livre-ci compte pour juin, date à laquelle il aurait dû être terminé s'il ne s'était avéré que le livre audio, emprunté à la médiathèque, était salement rayé à partir de la 20e piste. A la première coupure je me suis crispée sur le volant. A la 2e j'ai commencé à pester de manière très impolie. Vous n'êtes pas sans savoir combien je suis attachée à l'intégrité d'un texte. Un mot illisible, une page arrachée dans un coin, une phrase sautée et c'est le drame, le début de terribles désordres psychologiques.

    J'ai tenu 4 ou 5 pistes comme ça mais toute mon imagination n'a pas suffi quand les rayures sont devenues des canyons me faisant sauter 30 secondes d'un coup. C'est dingue ce qui peut se passer en 30 sec. de lecture ! Bien sûr le livre papier était absent du catalogue médiathèque. Toutefois je l'ai trouvé chez Gibert! C'est à dire qu'il était en stock dans leurs fichiers, mais impossible de mettre la main dessus en rayon. Bref, il m'a fallu plus d'un mois pour mettre la main sur les quelques heures manquantes, que j'ai enfin écoutées sur la route des vacances.

    C'est un roman génial , avec un vrai suspense, même si on pense que... 

    L'enquêtrice est drôle comme tout, et - je me retiens de l'écrire en très gros caractères - elle n'est personnellement pour rien dans cette histoire. Elle est célibataire  ne traîne aucun vieux démon qui ressurgit pour poluer son travail. Elle se contente de saisir des ordinateurs, d'analyser des couvre-lits et d'interroger des suspects!

    Tiens j'ai oublié de vous dire qu'une gentille prof, discrète mère de famille a disparu. Ou plutot je l'avais bien mieux dit dans une première version de mon article disparue elle aussi, avant-hier, la faute à une connexion internet un peu taquine. 

    C'est le sujet du livre, cette disparition, avec la petite fille qui dort encore sagement dans son lit quand le mari rentre, mais plus trace de la femme, en dehors d'une lampe brisée. Et les suspects sont délicieusement nombreux, à commencer par le mari qui doit sans cesse se répéter d'avoir l'air éploré. Mais il y a aussi le délinquant sexuel du quartier, un amant potentiel, un élève amoureux et un grand-père indésirable.

    J'ai aimé me faire mener en bateau!

    A lire pour passer un bon moment. 

  • Vue sur mère

    arrache_coeur_vian.pngL'arrache-coeur, Boris Vian

    En 2011 j'ai redécouvert et enfin apprécié L'écume des jours, que j'avais lu bien des années auparavant, trop tôt. A ma satisfaction, j'ai retrouvé dans L'arrache-cœur le même débordement délirant de l'écriture, style reconnaissable entre tous qui mêle à un univers quotidien familier toutes sortes d'intrus.

    Comme ces mots forgés de toutes pièces mais dont on parvient grâce au contexte à saisir le sens potentiel. Certains passages - que j'ai oubliés, je suis impardonnable et le support livre audio ne me permet guère de feuilleter - étaient sublimes, pure poésie.

    Dans l'écume des jours, avec ce thème de la maladie dont je reconnais qu'il ne me met jamais à l'aise, mon plaisir n'était pas complet. J'ai été très surprise de l'orientation prise par l'Arrache-coeur, d'une part parce que j'ignorais tout du contenu, d'autre part parce que je ne l'ai pas sentie venir avant un bon moment, focalisée que j'étais sur Jacquemort, le psychiatre qui, au début du roman, arrive au village.

    Il se déclare né de la dernière pluie, quasiment au sens propre: il prétend être né l'année précédente et cherche des esprits à étudier pour remplir le vide de son être. Au premier chapitre, il pénètre dans une maison où une femme est en train d'accoucher, tandis que le mari, l'infâme fécondateur auteur de cette douleur infernale, a été puni et enfermé dans sa chambre.

    Ce sont trois bébés qui viennent au monde. Pas des triplés, non, des trumeaux :  2 + 1. Ce petit détail, ainsi que les prénom choisis, Joël et Noël + Citroën m'ont conquise. Après, c'était parti. Tout, le psy bizarre, les gens étranges au village, la foire aux vieux, le curé, ses prêches délirants et son combat contre le démon sur un ring... La barque de l'homme qui prend sur lui toute la honte des habitants. Les apprentis qui se prennent des coups parce que c'est la coutume. J'ai trouvé chaque passage génial, chaque personnage fabuleux.

    D'où ma surprise lorsque j'ai compris que le roman se recentrait sur les enfants et que la mère était le personnage central, en réalité. Une mère fascinante, brusquement prise d'une sorte de fureur maternelle, ou plutôt d'une obsession de se renvoyer à elle-même l'image d'une mère parfaite. Ce qui semble, dans son esprit, être synonyme de sacrifice. Des sacrifices absurdes. Et d'un empressement morbide à imaginer ce qui pourrait leur arriver de pire, avec pour prétexte de les en protéger. La fin du roman décrit l'escalade de cet amour exponentiel.

    Un thème fort, parmi d'autres, qui vient clore superbement le texte. Comme dans l'écume des jours, il y a matière à réflexion sur notre société presque à chaque page.

    L’œuvre est riche, si vous ne connaissez pas Boris Vian, c'est le moment de faire montre d'un peu d'audace et de sortir des sentiers battus.

     

  • Bon pied, mauvais oeil

    vue-mort-guerin-lanester.pngA la vue, à la mort, Françoise Guerin

    Je découvre enfin le premier roman de Mme Guérin, croisée aux quais du polar et écoutée avec grand plaisir cette année dans une conférence qui avait pour thème "Polar et psy", laquelle, trop brève à mon goût, n'a pas creusé grand chose, mais l'ambiance était joyeuse et les deux autres invités (psychiatres) tout aussi passionnés.

    Je n'ai pas fait d'article sur la Grande Enquête de l'édition 2015 des Quais du Polar. J'en avais l'intention, puis le temps a passé. C'était peut-être une façon de me venger des organisateurs qui avaient choisi les pentes de la Croix-Rousse. Des heures à monter et descendre des rues en pente et des escaliers!! Et une énigme vexante, dont nous avons fini par trouver la solution sans vraiment recoller tous les morceaux. Pas tout à fait au hasard, mais pas convaincues quand même. Au point que la fin de notre Enquête a consisté essentiellement à pister dans la foule (10 000 participants cette année d'après ce que j'ai entendu) la scénariste de l'enquête en personne, dont nous étions parvenus à obtenir auprès du personnel encadrant à la fois le prénom (Christelle? Christine? J'ai oublié.) et la description : tee-shirt gris et sac à dos, noué sur le devant par une lanière. Un peu léger. Mais accompagnée d'un homme en orange!

    Bref. Nous ne l'avons bien sûr pas trouvée. Avons deux fois écouté le dernier duo de comédiens censé détenir la clé de l'énigme et avons déposé nos bulletins.

    Finalement c'est bien de la conférence que je garde le meilleur souvenir. Il y a surtout été question des expériences professionnelles du trio, un peu quand même de l'acte d'écriture, et des différences entre fiction et réalité. J'ai noté (et perdu depuis) une phrase magnifique qui portait sur l'espace des battements (de coeur?) et à peu près retenu ce qui était dit de la psychologie qui s'appuie sur les travaux de Lacan et s'attache particulièrement à ce qui est caché dans la parole.

    Mois d'une semaine plus tard, je lisais A la vue, à la mort et retrouvais tout cela ! Ce premier roman est bien meilleur que Cherche jeunes filles à croquer, je trouve. Plus original, hypnotique. L'enquête est intériorisée par le flic, Lanester (incarné par Richard Berry dans l'adaptation télé que je n'ai pas vue). En effet, celui-ci perd brutalement la vue sur la scène d'un crime d'un tueur en série : victimes énuclées, oeil géant peint au plafond. Un flic aveugle et égaré, voilà qui est peu banal. Il débute alors une psychanalyse qui sera, en réalité, le lieu principal de l'enquête. J'ai beaucoup aimé les retranscriptions de séances. 

    Je n'en dis pas plus. Très bon polar. Je vais suivre d'encore plus près cette auteure bien sympathique car ses idées et sa façon d'aborder le psychisme sortent de l'ordinaire.