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15.05.2012

En bref

dog_s_tale_twain.jpgA dog's tale, Mark Twain

Avis chrono'

Une nouvelle, par le celèbre auteur de Tom Sawyer (que de bons souvenirs!) dont la narratrice n'est autre qu'une chienne. L'écriture est magnifique, on dévore l'histoire en deux bouchées et si l'on devine peu à peu la chute, elle n'en est pas moins très émouvante. A ne pas manquer. Existe sûrement en français...


extenso.jpg"My father was a St. Bernard, my mother was a collie, but I am a Presbyterian."

Ainsi débute cette nouvelle, et l'ensemble du texte sera sur le même ton, subtil et drôle. Première originalité, le récit est fait par un personnage inattendu, une chienne. Les premières pages nous décrivent sa jeunesse, sous l'influence d'une mère sage et curieuse, qui glâne auprès des humains le plus de mots nouveaux et savants possibles, pour les ressortir en société canine (avec plus ou moins de pertinence...) et faire ainsi son petit effet.

Toute imprégnée des valeurs maternelles, la jeune chienne est alors placée dans une nouvelle famille et le seconde partie du récit commence. La tonalité sera très différente, pour terminer sur un passage très émouvant, qui découle logiquement de tout ce qui précède, de la psychologie des personnages, comme il se doit à mon sens dans une nouvelle bien construite.

On ne peut pas réellement parler de chute, néanmoins j'ai été assez surprise de l'intensité de cette histoire, véritable plaidoyer en faveur de l'animal et beau morceau de littérature, ce qui ne gâche rien.

Si ce n'est pas assez clair, je me répète: lisez-la, elle est courte, efficace, tout public.


J'en ai terminé avec les lectures en anglais, pour le moment.

Prochain épisode: un machin sorti de nulle part dont peu d'entre vous, je suppose, auront entendu parler... Vous relevez le pari?


EDIT: Anou, toujours aussi efficace vient de me communiquer un lien vers la nouvelle intégrale, en français, qui s'intitule (que c'est moche) L'histoire d'une chienne.


25.04.2012

La guerre des boutons anglais

adrian_mole.jpgThe Secret Diary of Adrian Mole, aged 13 3/4 , Sue Townsend

Avis chrono'

Sous la forme d'un journal intime, roman jeunesse plein d'humour qui met en scène un ado, lequel se tient pour un grand intellectuel et tente de porter dans son journal intime un regard pénétrant sur le monde et en particulier sur sa famille. Ah, la candeur de la jeunesse...


extenso.jpgAdrian Mole a un peu plus de 13 ans et des prétentions intellectuelles. Il lit beaucoup, écrit des poèmes et espère devenir rapidement célèbre. Il n'en néglige pas pour autant la chair car Adrien est un grand esprit, scientifique et rigoureux, il mesure l'angle entre ses oreilles et son visage et n'oublie pas de mesurer, en général, tout ce qui peut se mesurer à cet âge chez un garçon. Il livre aussi une bataille acharnée contre ses boutons.

Ego-centré, la plupart du temps, Adrian n'oublie pas pour autant de porter un jugement sur le monde extérieur. Ses parents, notamment, en prennent pour leur grade! Son père est un looser, chômeur, trop nul pour retenir sa femme, laquelle s'enfuit en laissant mari et fils se débrouiller.
Abandon maternel qu'Adrian, blasé, accueille avec désinvolture: voilà ce que c'est de se prendre pour une femme moderne, d'aller à des réunions féministes, de lire des romans et de croire qu'une femme peut à la fois travailler et avoir des orgasmes (ndlr : pas forcément en même temps. ça nuit à la productivité).

Qu'une faible femme se farcisse la tête de telles niaiseries et voilà le résultat. En attendant, c'est à Adrian de gérer le quotidien. Surveiller le chien, un psychopathe fugueur, surveiller son père qui se laisse aller, surveiller un petit vieux dont il se charge bénévolement. Brûler méthodiquement les factures qui arrivent dans la boîte aux lettres et en parallèle, s'occuper de sa propre vie sentimentale...

"We exchanged our first really passionate kiss. I felt like doing a French kiss but I don't know how it's done so I had to settle for an ordinary English one."

Du travail en perpective!

Que c'était drôle, léger, piquant , ce petit bouquin. Anglais quoi.
Tous les personnages récurrents, une dizaine, sont délicieux et caricaturaux à souhait. Difficile de ne pas sourire au moins une fois par page.
Le gamin est extra, à la fois enfant et adulte, certaines de ses réflexions, candides ou radicales, sont de petits coups de griffes amicaux aux adultes que nous sommes. L'âge de raison se fait malmener et c'est tant mieux.

Ce volume est le premier d'une série, que je suivrai peut-être, si j'en ai l'occasion.

Merci pour le prêt  ;)

Décidemment, en ce moment, je ne lis rien qui soit à moi...

07.04.2012

Le retour des 60's

couleur-sentiments.jpgLa couleur des sentiments, Kathryn Stockett

Avis chrono'

Un succès mérité pour ce roman sans prétention, qui traite de la condition des bonnes noires, aux Etats Unis dans les années 60. Entre colère sourde et prudence, les prémisses d'une prise de conscience, avec la figure emblématique de Martin Luther King en toile de fond.


extenso.jpgVous connaissez Jackson? Meuh non, pas le gars qui changeait de couleur... Je parle de la ville de Jackson, Mississippi, Etats-Unis. Qui change pas vraiment de couleur, elle.

1962, toute puissance des lois raciales. En cuisine, les bonnes noires s'occupent de faire tourner la maison, elles élèvent les gamins de leurs patrons blancs, en attendant qu'ils grandissent, prennent conscience de la couleur de leur peau et oublient celles qui les ont élévés. En échange, elles ont tout juste le droit d'aller pisser au fond du jardin dans des cabinets "à part". Pour éviter la contagion.
Ce qui conduira à une scène cocasse, dans le jardin de Hilly.

Ce livre a connu un certain succès, surtout au moment de la sortie du film. C'est mérité, puisque ça se lit très facilement, que ça véhicule tout plein de pensées très correctes, contre le racisme, pour la tolérance et que tout est bien qui finit bien...

Mettons de côté les facilités grand-public, quelques points méritent des applaudissements. Chacune des héroïnes détient une sorte de secret. Dès le début, pour bien nous accorcher, on nous laisse entendre que quelque chose s'est passé, que quelque chose n'est pas dit et il faut bien évidemment attendre un bon moment avant d'avoir les clés des différentes énigmes, savamment délivrées au compte-gouttes.

C'est addictif et pour une fois, ça n'est pas complètement bidon, ça apporte un plus à l'histoire. Le secret de Minnie, à lui tout seul, nous tient en haleine. Celui de Celia, un peu plus prévisible.

L'autre point fort du roman, celui qui a ma préférence, c'est Aibileen, quarante ans de service dans diverses maisons. Plus encore que sa façon de se révolter, petit à petit, j'ai aimé ce que le personnage arrive à dire de l'enfance, au travers des portraits des petits dont elle s'est occupée. C'est un thème secondaire qui a attiré mon attention parce qu'il était vraiment touchant et nuancé.

L'enfant que l'on élève, parfois bien plus que les parents eux-mêmes, l'enfant qu'on aime un peu comme le sien mais qu'on finit par devoir laisser, parce qu'il a grandi, et pire encore, parce qu'en grandissant il a intégré, enfin, qu'il appartient, socialement, à un autre monde, un monde supérieur, c'était vraiment bien vu.

J'ai oublié le nom de la petite dont Aibileen s'occupe, à laquelle elle raconte chaque jour une petite histoire, apologue pour la tolérance, comme on sème une petite graine, avec espoir et sans savoir si elle finira par porter ses fruits...

Et la lutte presque centimètre par centimètre pour que cette fillette gagne un peu de confiance en elle et ne souffre pas trop du peu d'intérêt que lui porte sa mère...

J'aime quand un roman a quelque chose d'enrichissant à dire, qui n'est pas son propos principal, mais qui "rampe", comme ça, en fond...

29.03.2012

Tale me more fait peau neuve

new_design.jpgBonjour à tous,

Comme vous pouvez le constater si vous connaissez un peu ces pages, Tale me more vient de s'offrir un coup de peinture et passe au bleu, plus doux (?) et plus estival (re ?). Enfin... disons qu'il passe au bleu parce que j'ai profité des conseils avisés d'une âme charitable qui se reconnaîtra et que je remercie des nuits passées à tester 235 couleurs différentes en long en large en travers, en profondeur et en remontant le temps.

J'étripe celui qui trouverait que ça n'est pas lisible ici ou là...  :-)

Mais à part ça, je suis ouverte à tous vos commentaires. Il est encore temps de faire quelques modifications, avant que je mette à jour manuellement les... oups... 150 articles précédents...

Et comme il serait vraiment mais vraiment dommage d'avoir fait tout ça pour un blog moribond, je m'attelle dans la minute à la rédaction d'un article tout neuf. (sur un bouquin lu il y a trois mois... Recyclage, développement durable, tout ça...)

Bon printemps !

 

08.02.2012

Promesse tenue

tournier, vendredi ou la vie sauvage, robinson crusoé, defoe, réécriture, viens sur mon ile, on mangera des noix de coco, on fera du feu sur la plage, on traira des chèvresVendredi ou la vie sauvage, Michel Tournier

Avis chrono'

Le personnage de Defoe, Robinson Crusoé, repris par Michel Tournier dans Vendredi ou les limbes du Pacifique, puis à nouveau dans une version dite "pour la jeunesse": Vendredi ou la vie sauvage. Les poupées russes de la littérature. Avec à l'intérieur non pas une petite bonne femme en jupon mais un mec barbu vêtu de feuilles de palmier.


extenso.jpgUn livre conseillé par Mireille et que je m'étais engagée à lire rapidement!

Le mythe de Robinson, quel trip !  Allez jeter un oeil sur quelques sites qui vendent des îles privées et vous verrez l'avantage d'un simple naufrage.  A 1.000.000 de dollars l'île, avec ce que j'ai en banque, je ne peux même pas m'acheter de quoi poser ma serviette sur la plage.

J'ai aimé lire Robinson Crusoé. J'ai aimé les Sims naufragés...

Bon, du coup, je me suis dit, Sound', tu es lancée, tu n'as qu'à aimer aussi celui-là.

Mes bonnes résolutions se sont un peu affaissées en milieu de parcours... Quand je me suis aperçue qu'en fait, j'avais fini les Sims naufragés en moins d'une semaine (en pêchant toutes les espèces de poissons) et que mes souvenirs du roman de Defoe n'étaient pas assez précis pour que je puisse comparer vraiment les deux.

C'est quand même embêtant d'avoir l'impression de lire une version light d'un truc, sans savoir ce qui est nouveau. Il paraît que c'est le rôle de Vendredi qui fait toute la différence.Le message est limpide, le roman coupé en deux...

Robinson vit seul et s'organise, puis arrive Vendredi, le sauvage, le non-civilisé auquel il va tout vouloir apprendre. Les habits, les bonnes manières, le travail, l'agriculture raisonnée, la cuisson du pain. Les levers et les couchers à heures fixes. Vendredi devient un serviteur modèle, mais sans rien prendre au sérieux. Jusqu'au jour où toute cette belle civilisation miniature, à deux, vole en éclat.

Et là, c'est Vendredi qui mène le jeu.

Voilà, moi j'ai réécrit la 4e de couv de la réécriture de la réécriture de Robinbson. Je peux publier mon article alors?

Rhôô faut que je donne mon avis en plus? Mais c'est déjà fait. C'était sympathique, mais tellement peu approfondi, tellement rapide que je n'ai pas vraiment eu le temps de trouver ce qu'il fallait apprécier.

Vendredi, bien sûr, me plaît. Il est celui qui sait vivre, il est innocent et léger...

Il y a tout de même quelques beaux passages sur l'usage du langage et des métaphores, sur l'art, la danse, la musique...

Peut-être que les limbes du Pacifique me conviendront mieux?