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Tale me more

  • Pérennité de nos grands auteurs

    Pause pèlerinage littéraire hier soir sur le chemin du marché de Noël.  

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  • Le gars à ne pas prendre pour une truffe

    logique de l amanite,ah non pas une 2e fois le nom de l auteure,ma recette cjampii c est a la creme,avec du blanc de poulet,de la moutarde et des herbes de provenceLa logique de l' amanite, Catherine Dousteyssier-Khoze

    1. Il était temps qu'on associe les champignons à autre chose qu'aux pieds nus à la piscine et aux pieds lourds des chauffards! Je me suis tout de suite sentie en emphatie avec ce pauvre Nikonor, élevé par un père mycologue qui lui a transmis sa passion, mais affublé d'une détestable soeur et incompris de tous.

    Quel personnage délirant que ce narrateur un brin snob qui, retranché dans son château, déroule pour nous le journal de son existence, proteste contre l'absence injustifiable des champignons dans la littérature classique, se perd en de longs et obsessionnels développements sur les cèpes et  ne manque pas de signaler, presque en passant, la funeste manie de ses proches - particulièrement ceux qui lui déplaisent ou le gênent - de mourir ou de disparaître.  Pas qu'il les regrette beaucoup remarquez... des imbéciles qui ne seraient peut être pas capables de distinguer un champignon comestible d'un vénéneux si quelque hasard devait en placer un dans leur assiette. 

    Je me suis beaucoup amusée,  à épouser les pensées de ce tordu ! Je n'ai pas enregistré le quart des informations données sur les champis mais ils avaient toute leur place dans l'univers de ce personnage excentrique.  

    Agréable touche d'originalité que ce roman vers lequel je n'aurais sûrement pas été sans les matchs de la rentrée littéraire price minister auxquels je participais pour la 3e fois. 

    Puisque note il faut pour l'occasion,  ce sera un bon 16. 

    #MLRL15 #Priceminister

     

     

  • La morgue lui va si bien

    Contes_crimes_dubois.pngLes contes de crimes, P. Dubois

    J'ai dû entendre vanter ce livre dans ma précédente vie, cette vie de prof, celle où l'on me répondait quand je posais des questions...
    Les contes de fée étaient à la mode, Perrault faisait un petit tour au Bac et les "réécritures" hantaient déjà le programme (et continuent sans doute). Jamais trop compris ce concept du "réécrire", comme si un texte pouvait sortir du néant ou, au contraire, comme s'il fallait bénir les fainéant.e.s qui commencent où finit le travail d'un.e autre.

    Pour faire la garniture d'un conte de crimes, prenez un conte de Grimm (ou autre - malchance de malchance, Peter Pan a réussi à se glisser dans le lot, et je l'ai encore moins aimé que celui de Barrie) et videz toute une bouteille d'hémoglobine, opérez une translation temporelle vers un contexte contemporain puis ajoutez des motivations assassines à un personnage sur deux.

    Pour ce qui est de la sauce stylistique, toute en tournures qu'une église baroque accuserait de surenchère, je ne commente pas, c'est une question de goûts, ils sont tous dans la nature. Mais si vous aimez, ne vous invitez pas à ma table vous seriez déçu.e.s

    Le résultat ne manque pas de piquant, si on aime croquer des machins sanguinolents.

    Je vous ai gardé le meilleur pour la fin : au centre du plat, la plâtrée indigeste de misogynie. Pas une femme n'échappe à ce choix cornélien : voyons, je préfère être une criminelle qui ne rêve que d'assassiner, tromper, voler ou bien la femme d'un homme qui travaille pour subvenir à mes besoins, en échange de quoi il est en droit d'attendre du sexe ? 
    Comme il n'est pas bon de frustrer une femme, laquelle pourrait sombrer dans l'hystérie, vous pouvez prendre les deux options.

    Vous l'aurez compris, la prochaine recommandation de cet ouvrage ne passera pas par moi!

  • Session de rattrapage (3)

    bucher_sous_neige_fletcher.pngUn bûcher sous la neige, Susan Fletcher - Un cadre historique et forestier so romantic. Une pauvre incomprise jetée au cachot sous prétexte de sorcellerie. Un gars sûr de lui et méprisant qui se prend à écouter toute la pitoyable histoire de la donzelle et se laisse attendrir. Et elle déroule le fil de sa vie et bla et bla et l'enfance, et la mère, et la fuite, et la forêt, et les plantes guérisseuses et les peaux de bêtes et l'amour... Je n'ai pas supporté ce livre. Il n'est pas mauvais mais cousu de fils blancs comme neige et quant au le bûcher caché dessous, je ne l'ai point trouvé.

    parent-parfait-filliozat.pngIl n'y a pas de parent parfait, Isabelle Filliozat - Voilà qui a le mérite d'être clair. Il me faudrait une relecture minutieuse avec papier et crayon pour élaborer une critique précise mais globalement, j'étais plutôt d'accord sur les grandes idées. L'amour parental n'est pas une évidence, loin s'en faut et quand c'est compliqué, mieux vaut le reconnaître et pouvoir trouver en face des gens qui savent l'entendre.

    Je ne nie pas que certains processus inconscients chez le parent peuvent être perçus intuitivement par l'enfant et l'influencer mais j'écarte tout de même avec un brin de scepticisme certains exemples un peu trop "gros" à mon goût. De même, s'il est bon de faire baisser la pression culpabilisante, je me demande alors pourquoi, parfois, j'ai l'impression qu'on en revient en gros à "c'est pas de ta faute, mais ça vient de toi quand même, hein".  Toutefois, j'ai apprécié cette incursion dans la psychologie et étrangement, j'ai peut-être un peu modifié certaines de mes positions éducatives. Ce qui n'est pas si mal, connaissant l'âne têtu que je suis.

     

     

     

     

  • Session de rattrapage (2)

    oeuvre-dieu-part-diable-irving.pngL'oeuvre de Dieu, la part du Diable, John Irving. Irving devient mon auteur préféré. Après Une prière pour Owen, je n'ai plus osé lire aucun autre de ses romans de peur d'être déçue. J'ai bien fait d'attendre, je me suis montrée réticente, au début de ma lecture. Très critique. Impatiente. C'est un rythme très différent. Mais le personnage d'Homer éclaterait n'importe quelle carapace. Je suis passée par toutes les émotions - ce qui comprend des phases de pleurs abondants. Un mot du sujet : période de l'entre deux guerre, Etats Unis. Le docteur Wilbur Larch dirige un orphelinat dans lequel il pratique aussi bien des accouchements que des avortements - forcément clandestins. Un texte magnifique, en nuances, en sentiments et en humanité.

    armoire-robes-oubliees-pulkkinen.pngL'armoire des robes oubliées, Riikka Pulkkinen - Alors ça... comment diable est-ce arrivé sur ma liste??? Grand mystère.  ça parle globalement de l'amour et c'est tout aussi globalement plutôt en phase avec ce que j'en pense. Mais que c'est... engluant. Je trouve "engluant" plus joli que poisseux. On va dire que poisseux c'est pour les mains et engluant pour les pieds. Mes pieds de lectrice ce sont pris dans le tapis de cette famille avec sa grand-mère moribonde. J'aime pas que les gens meurent dans mes livres, c'est déprimant.

    evolution-espece-darwin.pngL'évolution des espèces (1), Hervé & Poinsot - Depuis quelques années, je place la compréhension du darwinisme en tête des notions à acquérir. Je ne sais pas quelle est sa place dans les programme de sciences naturelles aujourd'hui, mais chaque semaine je constate qu'une piqure de rappel ferait grand bien et que NON on ne peut pas y "croire" "peut-être", en concurrence équitable avec le créationnisme. Ce petit livre, très court, est très bien fait. Il reprend point par point les preuves de l'évolution des espèces à travers les époques. (D'autres volumes sont consacrés aux mécanismes). J'ai même réussi à apprendre encore des choses très précises, comme le trajet d'un nerf dans le cou d'une girafe, un tel détour que ça n'a aucun sens, sauf mis en relation avec un lointain ancêtre poisson. J'en profite pour redire ce que j'ai déjà dit à une témoin de Jéhovah qui débattait avec moi autour d'un thé : ça n'exclut pas la possibilité de l'existence de Dieu. On peut très bien créer un machin et le laisser proliférer tout seul. C'est même souvent le cas. Toujours le cas. Prenez n'importe lesquelles des choses que vous avez créées. Vous faisiez des dessins, petit? Des châteaux de sable sur la plage? Vous coloriez (c'est à la mode), vous faites des bonhommes avec la peau des babybels? Et dites-moi, vous avez encore le nez sur votre dessin de maternelle? Vous gardez à l'oeil votre château depuis 200 marées? Non. On abandonne tout ce que l'on crée. On s'en fout. Donc même si Dieu a existé, ça fait longtemps qu'il a quitté la plage ou la table.