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litt anglaise

  • Manque affectif

    caresser le velours, sarah waters, litt anglaise, litt lesbienne, angleterre victorienne, théâtre, pièce avec accessoires Caresser le velours, Sarah Waters

    Avis chrono'

    Arg!! Comme il m'énerve ce livre! Pourtant il a bien des choses pour lui. A commencer par être un épais roman lesbien qui avait l'air nourrissant. Mais la boîte était-elle à moitié vide, ou bien n'ai-je pas su savourer? Me connaissant, la seconde option pourrait bien être la bonne...


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  • Et si je vous prescrivais une cure de sommeil?

    la maison du sommeil,coe,litt anglaise,vraiment très très bon,encore des perso homo,encore des mysteres,encore un talent d'écrivain indéniable,c'est le prince charmant ce mec,sauf qu'il est moche.La maison du sommeil, Jonathan Coe

    Avis chrono'

    Mon coup de coeur de cette fin d'année. Encore mieux que La femme de hasard ou que Testament à l'anglaise, que j'avais pourtant déjà adorés. Je me sens tout à fait amoureuse de cet auteur, à présent. Je le sais, parce que je lui pardonne ce que je ne pardonnerais à aucun autre: une intrigue indéfinissable et des invraisemblances monstrueuses.


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  • De derrière les fagots

    ivy_compton_famille_chef.jpgUne famille et son chef, Ivy Compton-Burnett

    Avis chrono'

    Si vous grincez un peu des dents en ce moment  avec envie d'insulter/griffer/battre/étouffer sous un oreiller l'un ou l'autre des membres de votre famille, une belle-mère aux propos sibyllins, un conjoint autoritaire ou méprisant, des enfants pervers ou dénués de gratitude, voici qui devrait vous parler. L'objectif n'est pas de relativiser, d'atteindre la zénitude... non. Plutôt de passer à l'acte.


    extenso.jpgAlors? J'ai gagné? Qui connaît Ivy Compton-Burnett, sérieusement, hein?
    Des personnes... quoi? Cultivées? Oh, comme c'est méchant de pointer mes lacunes! Voyez comme je travaille, pour une fois, à les combler!

    En attendant, je vous signale que pendant que vous lisez mon article, vous ne lisez pas une 200e chronique sur la Délicatesse de Foenkinos et ça, déjà, en soi, ça devrait me valoir votre reconnaissance éternelle.

    Décontenancée par cette lecture - prêt d'une amie aux étagères monomaniaques, fournies et érudites - incapable de dire que j'ai vraiment aimé, mais très enthousiaste à l'idée d'en rendre compte, je me suis renseignée un peu sur l'auteure: britannique, début du XXe, lesbienne (renseignement sans aucun intérêt pour ce roman, mais on ne me refera pas, j'aime les potins d'ordre privé).

    Par où commencer? Le titre? Mon amie m'avait signalé qu'ils étaient pour la plupart construits sur ce modèle: un truc ET un machin,  souvent autour du thème de la famille. (Frères et soeurs, Une famille et une fortune). Curieux, non?

    Après lecture, je suis bien embêtée par ce "Et" qui n'unit pas la famille et son chef, mais au contraire aurait tendance à les opposer... Bon. Assez glosé sur des machins sans intérêt. Le résumé.
    La 4e de couv' de l'édition que j'ai eue entre les mains, sans complexe, racontait TOUTE l'histoire, du début aux toutes dernières lignes!!! Révélations, rebondissements et dénouement compris. Heureusement que fidèle à mes habitudes, je ne l'ai lu qu'à la fin.
    J'en reste coite (p'tit clin d'oeil. Puisqu'il paraît que j'aime ce mot...) Je vais faire plus évasif pour compenser: Une famille. Et son chef.

    Le style vaut le détour. N'ai-je pas écrit à quelqu'un il y a peu qu'il faudrait brûler toute la littérature tordue du début du XXe siècle?
    Les dialogues prédominent. Enfin, des dialogues... La conversation commence au sein d'un groupe devant une église et trois répliques plus loin, sans avertissement nous sommes attablés dans une salle à manger, les interlocuteurs ne sont plus les mêmes, un qui n'était même pas là prend la parole, les autres sont partis...

    Je me suis longtemps appliquée à relire l'ensemble de la conversation, à vérifier que des pages n'étaient pas collées entre elles, avant de me résigner, désespérée.
    L'effet est assez curieux, une déambulation libre et décousue, sans jamais entrer véritablement dans la psychologie des personnages.

    Une masse de dialogues, mais dans la bouche de ces êtres malsains, menteurs, hypocrites, il est presque impossible de savoir comment interpréter ces paroles. Les conventions sociales jouent à plein. On devine, sans comprendre, que tout est à double sens. Et que sous la courtoisie coule le venin.

    Allez, je plaisantais tout à l'heure. Je vais quand même en dire un peu plus sur l'histoire: Le chef de famille, après le décès de sa femme, se remarie et ... Pffff!
    A la fois il ne se passe strictement rien et beaucoup d'évènements ont lieu. Je me suis ennuyée, oui, pourtant, j'étais envoûtée par cette écriture étrange.

    C'est un vase clos, malsain, glauque. Rien ne semble exister en dehors de cette cellule familiale sur laquelle règne ce père, froid, distant, tyrannique, monstrueux, moqué par ses enfants, défié, mais dont l'influence rampante ne cesse de s'étendre et au final... remporte la manche?

    Le cercle des notables, autour, ne sert que de décor, indéchiffrable, de la politesse guindée des bien-pensants au burlesque, avec cette femme qui sans cesse  frappe aux portes pour apporter la "bonne parole" à ses amis, pour finalement n'en dire guère que trois mots et se plaindre ensuite longuement de sa difficile tâche.

    Des choses affreuses se passent, crescendo. Des secrets sont dévoilés.
    Nous, on attend... La Justice. La Morale. La Raison. La Société. La compréhension de ce qui motive ces personnages.
    Mais rien ne vient. Illustration parfaite de cette célèbre expression "Laver son linge sale en famille".
    Cette cellule s'auto-gère, s'auto-sanctionne et jouit de la souffrance de ses membres, elle ne connaît aucun frein puisque rien de l'extérieur ne vient la toucher, la contraindre.

    "Violent" est l'adjectif utilisé par celle qui me l'a prêté.
    Je choisis "dérangeant", pour compléter. Et je ne suis pas satisfaite de ma présentation, mais la tâche est vraiment trop difficile, je me consolerai avec ça.

    Un roman étrange, sans rythme, sans fluidité. Une pièce de littérature déconcertante, étouffante, tant dans la forme que le fond. Exerce une forme indéniable de fascination... Pour les amateurs.

  • S'arranger avec sa conscience

    expiation_mcewan_couverture.jpg2j%27aime.jpgExpiation, Ian McEwan

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    Avis chrono'

    Mon premier est une journée d'enfance, décrite dans un style pesant. Mon second fait un bond en avant dans le temps: seconde guerre mondiale, débâcle et fuite vers Dunkerque. Mon troisième est le regard lucide d'une vieille dame, écrivaine, sur un crime d'enfance et sur qu'elle a tenté pour se pardonner. Mon tout est une très jolie réflexion sur le cheminement de l'écriture et un jeu autour de la notion de vérité.

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    Un autre roman sorti tout droit de ma p.a.l. (je respecte le challenge, Liz! ).  Encore une recommandation de lecture de mon amie fantôme, qui ne doit même pas se souvenir de me l'avoir conseillé... Si? Tu sais que ça fait longtemps que tu n'as pas laissé un commentaire? Tu aimes le nouveau fond jaune?

    Par une astuce que je ne peux dévoiler trop en détail, il se trouve que les lourdeurs d'écriture  et de narration de la première partie (abondance de chants d'oiseaux, beurk, de lumières qui voltigent, d'eau qui clapote etc.) sont tout à fait volontaires et trouvent leur explication à la fin du roman. Voyez, je suis gentille, je préviens celles d'entre vous qui pourraient être légèrement rebutées par un début un peu... aride.

    Réussi, malgré tout, puisque j'ai piétinné d'impatience dans l'attente de la "tragédie" annoncée en 4e de couv. Oui, j'avoue... J'ai lu le résumé, une fois n'est pas coutume. Je l'ai fait parce que je ne voyais pas bien où j'allais, avec un tel début. J'ai craqué. Z'avez qu'à mettre ça sur la pile de mes trucs à expier, tiens, puisque c'est le thème. Elle dépasse (à peine, à peine) en hauteur la pile de linge à repasser.

     

    Briony est une petite fille à l'imagination débordante. Du haut de ses 13 ans, elle se rêve auteure et soumet ses compositions à sa mère, malade chronique qui, du fond de son lit, dans l'obscurité, devine tout ce qui se passe dans la maison.

    " Avec les années, les innombrables heures passées allongée sur son lit avaient affuté cette sensibilité jusqu'à en faire un sicième sens, une conscience tentaculaire qui émergeait de la pénombre pour se déplacer à travers la maison, invisible et omnisciente."

    Elle réclame aussi l'attention de sa soeur Cécilia, qui sort tout juste d'une université où (condition féminine oblige, pour l'époque):

    "On ne décernait même pas de diplômes valables aux jeunes filles. Quand, en juillet, Cécilia rentra à la maison avec ses résultats définitifs, elle n'avait ni situation, ni compétence, outre qu'il lui restait encore à trouver un mari, à affronter la maternité. "

    Arrivent alors deux cousins et une cousine qui vont déclencher de minuscules révolutions. Briony n'est plus le centre du monde, elle découvre la jalousie, remet en question la maturité de son écriture, découvre la supériorité du romanesque sur l'écriture théâtrale et observe, sans comprendre vraiment la scène, sa soeur plonger en slip dans la fontaine du jardin, sous les yeux de Robbie le fils d'une domestique.

    Le roman devient alors un vrai petit bijou. De minuscules détails, de tristes coïncidences, des réactions humaines imprévisibles mais si logiques, au fond, conduisent à un drame. La scène du témoignage de Briony auprès des policiers est terrifiante; Tout est dans la façon dont les questions sont posées, c'est exactement comme si on rabattait un troupeau. La petite fille sent seulement qu'elle avance et nous, nous voyons bien dans quelle direction, nous sentons combien elle est coincée... Elle ne ment pas consciemment, ses réponses sont orientées. Quand elle doute, on lui laisse entendre qu'elle n'est pas fiable, qu'elle fait perdre un temps précieux à la police, que ses parents sont fiers de ce qu'elle apporte à l'enquête. Elle ne peut plus faire marche arrière.

    Quelques années plus tard, nous croyons suivre d'autres personnages et chercher avec eux à en identifier les conséquences. Le cadre dans lequel cette partie se déroule, celui d'un hôpital qui se prépare peu à peu sans que ça soit vraiment dit, à devenir un hôpital de guerre m'a beaucoup plu. Etre née en temps de paix... je n'ai pas souvent aussi clairement senti ce que ça pouvait représenter.

    Enfin, une magistrale pirouette, dans la dernière partie, vient remettre en question nos certitudes de lecteurs qui, par habitude, avons accepté l'illusion romanesques. Je suis toujours un peu mal à l'aise face à ces romans dont le but semble être, à la fin, de nous donner une leçon sur l'écriture elle-même. J'ai l'impression d'avoir affaire à un serpent qui se mord la queue et souvent envie de lui dire avec une petite tape sur la main la patte euh... la tête?  "Arrête et sors moi ça de ta bouche".

    1590023268.jpgMais cette fois, c'est tellement bien fait que je ne peux qu'aimer. Ce n'est pas seulement une enfant qui grandit sur quelques centaines de pages, c'est une écriture. D'où ce style qui cloche un peu dans la première partie, puisqu'il n'est encore qu'en devenir...

    Briony est devenue une vieille femme, qui revient sur son passé et nous fait partager, sans sentimentalisme excessif, le poids d'une erreur qui était celle d'une enfant sur sa vie d'adulte ainsi que ce qu'elle a cru bon de faire pour se racheter.

    Vraiment... chapeau. Avec Testament à l'anglaise, ma seconde lecture préférée de l'été. J'espère que ça donnera envie de le lire à l'un ou l'une d'entre vous!

     

    P.a.l à 87 -->  84 (et depuis, ça a encore baissé!)

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    Quelques citations supplémentaires:

    " Qu'on lui mentît constamment, ce qui n'était guère une preuve d'amour, était au moins le signe d'una attention durable. Il devait tenir à elle pour élaborer de tels mensonges. D'une certaine façon sa duplicité rendait hommage à l'importance qu'il donnait à leur mariage."

    "Un écrivain moderne ne pouvait pas plus se permettre d'inventer des personnages et des intrigues qu'un composituer moderne une symphonie de Mozart."

     

  • Le roi est fou, vive le roi

    macbeth, shakespeare, théâtre, litt anglaise, classique, folie, meurtre, femme fatale, hors de question de me casser la tête pour trouver des tags pour ce texteMacbeth, William Shakespeare

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    Avis Chrono'

    Une énorme déception. En dehors de la présence confirmée de ma citation fétiche (ce qu'il y a de bien avec les citations c'est qu'on les trouve en général là où on les attend), rien.

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    Je sais, j'avais dit: stop au théâtre pour cette année. Mais j'avais aussi expliqué d'où venait mon pseudo (sur cette page) et qu'il était urgent pour moi de lire Macbeth. Je ne sais même pas qu'en dire tant j'ai trouvé cette pièce pauvre au regard des autres pièces de Shakespeare et des dialogues si mordants de Titus Andronicus.

    J'ai regretté de ne pas avoir le texte en anglais sous la main tant certains passages m'ont semblé confus. En gros j'ai compris que:
    Cet assoiffé de Macbeth se fait rouler par une paire de sorcières (une paire de trois en fait. Un trio. Voilà, je cherchais le mot) qui lui prédisent la montée des marches du trône pour bientôt. Il accélère un peu le mouvement en assassinant le roi en place, assité en cela par sa délicieuse épouse dont l'appel

    " Venez, venez, esprits qui assistez les pensées meurtrières. Désexez-moi ici, et, du crâne au talon, remplissez-moi toute de la plus atroce cruauté."

    met en émoi l'une de mes amies. Elle a bon goût. C'est le seul passage potable. Ensuite, il est poursuivi par des princes héritiers courroucés, par des fantômes, par ses remords, par les anglais, par une forêt mobile.

    Trop statique et trop peu... subtil pour moi. Ou trop subtil. Au choix. Je n'ai pas su voir ce qui fait la renommée de cette pièce. Je suis vexée, donc complexée, donc mécontente et grincheuse.Et pour le coup... brève!! Alléluia.

    Heureusement, je terminai le même jour un thriller français pas trop mauvais... (à suivre dans quelques jours!)