Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Tale me more - Page 5

  • HOP #2 Débat sur la PMA

    masques.jpgInutile d'aller vérifier, j'avais bien écrit que je m'abstiendrais d'écrire sur les états généraux de la bioéthique. Oubliez ça. J'ai vécu un sale moment cette semaine et je dois poser quelque part l'angoisse profonde générée.

    Je proposais, avec le thème "Humains, obsolescence programmée?", de nous interroger tout au long de cette année sur le devenir de notre espèce. Hé bien certains soirs, il m'arrive de penser que la DLC est déjà largement dépassée...

    Je n'ai jamais participé à un débat citoyen, ni à un meeting politique, pas même à une réunion de consultation dans mon quartier. Je me suis souvent âprement confrontée à des ami.e.s. Je ne manque pas de convictions, ni d'intérêt, j'arrive à réfléchir à froid, mais je manque de répartie. J'ai aussi un problème avec l'injustice, la mauvaise foi, et le manque de logique.

    Mais l'occasion nous a été offerte de nous inscrire à un café-santé sur le thème "La PMA et ses évolutions possibles, parlons-en!" et nous l'avons saisie. Le lieu de la rencontre, désigné par le terme "agora" et une simple adresse sur l'affiche, s'est révélé être une salle du couvent dominicain du Saint-Nom-De-Jésus.

    L'animateur du débat était un neuro-pédiatre et docteur en philosophie, responsable d'un comité éthique régional il me semble, qui nous est descendu des Hauts de France.

    La salle de 80 à 100 places était pleine et d'autres qui n'avaient pas réservé attendaient à l'extérieur. On nous a présenté au début trois "personnalités" dans l'assistance, un responsable du comité éthique de notre région, un délégué épiscopal à la santé et une journaliste de La Vie.

    C'est parti en vrille dès le début. La faute peut-être à une introduction un peu ratée. Quand nous sommes rentrées dans la salle, une diapositive nous invitait à installer une application sur nos smartphones pour participer en direct au débat. J'ai commencé par me méfier (oui, je vais aussi essayer de me rendre à la rencontre sur la protection des données personnelles ^^) mais j'ai installé le truc, heureusement... Par contre comme je n'étais pas prévenue, ma batterie était vide et m'a lâchée vers la moitié de la soirée.

    L'usage de l'application n'était pas intuitif et l'intervenant n'a pas pris la peine d'en expliquer clairement l'usage. Une trentaine de personnes l'ont utilisée. Les autres ont écrit sur des feuilles dont le contenu sera intégré au compte-rendu final.

    Principe : le gars pose une question et chacun répond par messagerie sur l'application. Et tout s'affiche immédiatement à l'écran dans la salle, anonymement. Cette façon de débattre sur téléphone sans prendre la parole devant l'assemblée me posait problème, comme à d'autres, mais d'une part ça n'a pas empêché les interventions hystériques qu'on attend d'un débat sur un sujet aussi sensible et d'autre part, s'il y a eu un tout petit poil de débat dans cette soirée, on le doit à cet outil technologique. Paraît qu'il marche du tonnerre avec des lycéens.

    Les esprits se sont échauffés. Le neuro-pédiatre avait à peine fini de rappeler le thème, d'indiquer qu'on allait lister ensemble toutes les personnes (physiques et morales) impactées dans une démarche de PMA puis en choisir trois et essayer de passer en revue, de leur point de vue, les avantages, les risques et les dérives possibles afin de nous mettre à la place des législateurs qui seraient, dans le cadre de ces états généraux, appelés à légiférer sur la PMA que des cris se sont élevés pour crier à la manipulation. En résumé, se projeter dans la peau du législateur c'était déjà admettre qu'il pourrait y avoir une loi et ils ne voulaient pas de loi du tout. Une dame s'est levée, scandalisée, et a demandé à tout ceux qui voyaient dans ce débat une mascarade de la suivre.

    Une fois la liste achevée des personnes impactées (mère, enfant, donneur - ils voulaient écrire père plutôt que donneur, sécurité sociale, CECOS (le centre qui gère les dons de sperme), l'Etat etc..) il a fallu en choisir trois. mais enfant et mère ayant déjà été choisis, l'intervenant a proposé le CECOS ou l'état, histoire d'avoir des orientations vraiment différentes. Nouvelles protestations sur la manipulation, la partialité du type, on les empêche de s'exprimer, c'est de la censure. Propos hurlé à ma droite "Le CECOS on en a rien à faire". Il y a eu trois pauvres voix pour essayer de glisser que si, dont la mienne, mais peine perdue.

    Et le "débat" a commencé par le personnage de la mère. Première question sur l'appli, donner les avantages d'une loi PMA vue du point de vue de la mère. Dans une telle assemblée, commencer par les avantages, c'était peine perdue. Ils étaient remontés à bloc, il fallait que ça sorte et ça a commencé... rien de ce qui défilait à l'écran n'était un avantage. L'effort de se poser sincèrement la question était impossible. Dans la salle ça criait "mais QUELS avantages??? Il n'y a pas d'avantage !" D'autres que le simple fait de débattre de ce sujet, c'était comme de débattre des avantages de l'esclavage. J'ai entendu qu'il ne fallait pas laisser des questions aussi importantes à la merci de la démocratie. Que la démocratie ne doit pas s'appliquer à l'éthique.

    Je ne peux pas rendre l'ambiance de cette soirée, et j'en suis désolée... C'était une foire, complètement à charge. Les avantages inscrits à l'écran ? "Avantage de me croire toute-puissante à faire un enfant sans père", "égoïsme", "avantage de lutter contre l'infertilité que je me suis créée" rien que des choses de cet acabit, d'une évidente ironie, en boucle. Les mêmes qui ont ensuite été recopiées dans les questions suivantes, sans tenir compte de l'intitulé.

    "fantasme d'une descendance innombrable" pour le donneur, risque d'"épouser sans le savoir à l'age adulte son frère ou sa soeur". "oui à la permaculture, ce qui est bon pour les céréales est bon pour l'enfant".

    Et nous comme des connes, à tout de même essayer - après s'être posé la question de l'huile à rajouter à ce feu ardent - en dépit de notre position pro PMA, de lister les risques, de signaler tout de même les dérives entrevues. Oui on pourrait finir par vendre ce qui est un don. On pourrait vouloir choisir un bébé sur catalogue. C'est triste, d'être là pour débattre et de n'avoir à aucun moment ni la parole, ni surtout l'oreille d'une personne de l'autre camp, posée, prête à réfléchir, peser, répondre. Il y avait deux autres femmes pro-PMA dans la salle. L'une a pris la parole deux fois pour dire qu'elle connaissait la PMA et qu'on pouvait peut-être écouter son expérience. Elle n'a pas été plus loin. Et une autre, que j'ai sentie très émue aussi, effondrée, stupéfaite.

    Un homme en pull moutarde au premier rang était particulièrement virulent, depuis le début. A un moment, il s'est levé et il est allé se placer les fesses sur le coin d'une table, devant, juste à gauche de l'intervenant et de l'organisatrice. Petit sourire et bras croisés. C'était tellement choquant, violent... une tentative d'intimidation manifeste. Dans quels débat laisse-t-on les participants venir ainsi se positionner?  Il est resté là tout le reste de la soirée, face à nous, à regarder l'assistance comme s'il n'en faisait plus partie. 

    Qu'ajouter...

    Que pendant la partie concernant l'enfant, ce qui défilait absurdement à l'écran, c'étaient des "Papa où es-tu ?", "Je cherche mon papa". Certains visiblement n'ont pas bien compris en quoi consistait l'incitation de l'animateur du débat à faire l'effort de se décentrer...

    Il y a tellement à dire sur la PMA, c'est un sujet tellement crucial. La fertilité de notre espèce est en chute libre. Les perturbateurs nous bouffent. On ne lit plus La servante écarlate de la même façon. L'humain de demain aura-t-il encore des parents ? Est-ce nécessaire ? Utile ? On croisera sûrement dans l'année des romans qui abordent ce sujet. Mais entendre des hommes évoquer le viol avec légèreté, d'autres hurler "à quand une loi qui nous obligera à donner notre sperme pour satisfaire toutes ces femmes" ,c'est une telle perte d'énergie.

    Il y avait pourtant beaucoup à dire. L'état doit-il pourvoir à un désir d'enfant quand on est homosexuel ? Une fois le fil de discussion purgé de toutes les interventions hors propos, je ne sais ce qui ressortira dans la synthèse. Je suis impatiente de la recevoir. Je m'inquiète surtout du traitement des pseudos arguments favorables...

    Pour être complète, un tweet d'Anne Lorne, conseillère régionale soutien de Wauquiez, découvert le lendemain sur Twitter à propos de cette même soirée :

    "A quoi sert ce cirque? C'est une stratégie pour le Gouvernement de dire : on a débattu et on fait passer la loi. Sauf que ici ce soir : aucun débat, questions biaisées, postulat de la loi déjà engagé, animateur débordé, salle largement opposée et donc brimée..."

    On a fait ce qu'on a pu. On y était pour ça... Qui répond aux dizaines de questionnaires diffusés en ce moment par les Comités d'éthique, d'après vous ? Vous les avez vu passer ? Aucun des mes collègues n'en a entendu parler. Pas même celle, en couple hétérosexuel, dont le fils de 20 ans a été conçu par PMA.

    Grâce à ma compagne, à ses amies, j'en ai déjà rempli au moins quatre. Sur la PMA, mais aussi sur l'euthanasie. Il est difficile de trouver les infos sur les autres sujets. Cette consultation citoyenne n'est pas assez médiatisée. Les anti, eux sont organisés. C'est ce qui m'a frappée, mercredi. J'arrivais comme une fleur. Ils avaient des dossiers. Je venais pour écouter les autres mais derrière moi, un homme, dès qu'il n'aimait pas ce qui se disait, mimait un violon en imitant bruyamment une trompette Sur les réseaux sociaux, Solessor vous le dira, ils sont partout. Ils composaient 90% de l'assistance. Et c'est tout cela qui va remonter comme représentatif de la population, à la fin des consultations. Si on abandonne, si on meurt - comme moi ce soir là - de trouille et qu'on ne veut plus y mettre les pieds, il n'y aura plus que leur parole.

    Cherchez les questionnaires diffusés dans votre région. Donnez votre avis.

    Ils étaient tous si inquiets, si fanatiques, incapables dans leur panique nourrie de fantasmes qui paraissent tellement absurdes, de s'arrêter pour penser. Un homme a essayé, il a expliqué travailler au CECOS. Il a tenté quelques mises au point objectives. Je lui dois la seule info nouvelle de la soirée. Vous savez combien il y a de donneurs de sperme par an, dans ma ville, une des plus grandes de France ?

    Quinze.

    Edit 18/02/18 : Nous avons reçu le compte-rendu du débat, je vous le mets tel quel à disposition.

    Lien permanent Catégories : Urgences 2 commentaires
  • HOP #1 - L'opéra de Shaya

    opéra de shaya,sylvie lainé,lst livre sexuellement transmissibleL'opéra de Shaya, Sylvie Lainé

    J'ai encore trop traîné, quel gâchis ! Je le commençais juste quand Solessor rédigeait son article au début du mois, ça promettait un bel échange mais déjà le souvenir s'est estompé. Comme je le disais en commentaire sur son blog, c'est étonnant comme le message perçu dans un récit peut varier d'une personne à l'autre. Une fois mon attention attirée sur certains thèmes, oui, je les vois, comme elle. Mais de mon propre chef, j'avais fait une interprétation toute différente, plus proche de mes convictions, des thèmes qui me sont chers. Il paraît que c'est commun, ce regard sélectif qui consiste à ne voir que ce à quoi on adhère déjà. D'où, je suppose, la difficulté à partager nos coups de coeur, à trouver quelqu'un pour oser s'y attaquer. C'est toujours prendre un risque, de se glisser dans les pages d'une autre, mais je suis heureuse de l'avoir fait. Ce recueil de nouvelles SF aura su se frayer un chemin de recommandations en recommandations.

    J'ai même rencontré l'auteure, lors d'une rencontre "sexe et SF" organisée par une petite librairie. Les trois invités étaient intarissables ! D'une culture SF impressionnante, capable de citer des exemples à l'appui de chaque déclaration, de rebondir sur les propos les uns des autres. Ils semblaient bien se connaître et c'était comme assister à une discussion pointue entre amis dans un salon. Là encore, pour en savoir un peu plus, consulter l'article de Sol' écrit à chaud. Vous y découvrirez comment j'ai - une fois de plus - manqué de courage pour lui réclamer une dédicace.

    La première nouvelle, qui donne son titre au recueil, fait près de 100 pages et c'est ma préférée. Il y est question d'une jeune femme, So-Ann, lasse d'errer de contrat en contrat et de planète en planète. Désireuse de se poser enfin, dans un endroit spécial. Elle pense l'avoir trouvé quand elle entend parler de Shaya, une planète à l'écosystème unique, qui s'enrichit par échanges génétiques au contact des visiteurs, triés sur le volet.

    Cette nouvelle et une autre, Un amour de sable, ont aussi contribué au choix de la thématique annuelle. L'un comme l'autre texte nous présentent un même type d'être humain du futur, très semblable à celui d'aujourd'hui, mais transposé dans un espace plus vaste. Autrement dit : il change de planète comme on change de pays, et la rencontre d'une espèce différente n'est guère plus exotique que de passer des vacances au Portugal.

    C'est une des possibilités du futur, non, de ne pas être bien différent du présent ? D'y emporter toutes nos casseroles. So-Ann pense trouver le paradis, elle y tombe amoureuse, elle fait ce que l'humain a toujours fait, elle se projette. C'est à dire que toute désireuse, sincèrement, de découvrir autre chose, elle ne fait guère une fois sur place que plaquer son connu sur de l'inconnu. Et elle ne saura pas écouter en quoi ce peuple et cette terre sont différents.

    Le concept d'altérité est poussé encore plus loin dans Un amour de Sable. Des chercheurs prélèvent du sable sur une nouvelle planète. Sable qui est un protagoniste fascinant de l'histoire. Pour l'humain plus c'est différent, étranger, inconnu, plus c'est suspect (sauf en matière de sexualité étrangement, là il faut choisir le partenaire de sexe opposé, choisir le semblable est beaucoup moins bienvenu). On a déjà du mal à considérer un échange, une collaboration, une rencontre avec les espèces animales de notre planète. Alors avec une vie extraterrestre... Celle-ci a pourtant plus de chance de ressembler à du plancton qu'à Tom Cruise. Ceux qui me connaissent savent combien je radote souvent là dessus et à mon avis, au cours de l'année, j'aurai l'occasion d'y revenir.

    Bref (je m'en autorise encore quelques uns). Une nouvelle dans laquelle l'humain passe à côté d'une forme de vie parce que rien ne l'a préparé à ce que ça ressemble à ça, j'ai adoré. Et encore plus adoré que le même mécanisme de méprise soit à l'oeuvre chez l'autre espèce. C'était magistral.

    Il restait deux autres nouvelles, je vous laisse les découvrir par vous même. J'avais la permission de 23h30, mon temps est écoulé.

     

    Sommaire du thème 2018 Humains, obsolescence programmée ? 

    Lien permanent Catégories : Urgences 4 commentaires
  • Thème 2018 - Les humains, on les garde ou pas ?

    Comme ce blog est mal foutu, vous ne pouvez pas voir la toute nouvelle page du thème 2018 à moins de l'avoir repérée dans la barre de navigation. Si c'est le cas bravo.

    Sinon, vous pouvez suivre ce lien, en attendant que j'aie trouvé une solution.

    Lien permanent Catégories : Urgences 0 commentaire
  • Tu est un autre

    quelqu un autre tonino benaquista.pngQuelqu'un d'autre

    Tonino Benacquista

    Lu parce que : auteur déjà connu et apprécié, livre trouvé dans une de nos boutiques d'occasion favorites.

    J'ai bien aimé, j'aurai donc peu à dire. C'était un peu moins drôle que Malavita, mais pas déprimant, je suis contente de mon choix. Il faut juste passer les cinquante premières pages, ensuite c'est lancé.

    Deux types se rencontrent dans un club de tennis et à l'issue d'un match âprement disputé, compensent l'eau perdue durant l'exercice par des liquides prélevés au bar. Cet instant sert de déclencheur. Thierry couvait déjà depuis longtemps une envie de changement radical, il ne lui manquait plus que le courage de se lancer. Le second, Nicolas, n'avait jamais bu et vient de découvrir dans l'ivresse un soulagement au fardeau chronique de la vie. Sa vie est déjà chamboulée. Ils font le serment de se retrouver au même endroit, trois ans plus tard, et d'être devenu, d'ici là, quelqu'un d'autre.

    Le charme du livre tient au choix de la méthode. Ce n'est pas tout à fait pareil de larguer sa femme et de se faire refaire le portrait au bistouri que d'inventer d'ingénieux moyens pour dissimuler de l'alcool au bureau.

    "Ils avaient franchi plusieurs caps mais celui-là était l'un des plus délicieux : ce moment où chacun sent que l'autre n'a aucune envie d'être ailleurs."

    Lien permanent Catégories : Pharmacie 3 commentaires
  • Un dimanche à ne rien faire

    au commencement du 7e jour,luc lang,ushuaia en afrique,ushuaia dans les montagnes,ushuaia à la plage,ushuaia au bureau,et je ne porte pas non plus de nuisette,vous aussi vous vous laissez emporter par votre imagination,n'en déduisez pas que je préfère les colliers à pointes au tri dAu commencement du septième jour,

    Luc Lang

    Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous résumer l'histoire, je vais vous recopier ce qu'on trouve au dos du livre et qui a motivé ma sélection pour ce dernier partenariat Folio 2017.

    "4h du matin, dans une belle maison à l'orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend que sa femme vient d'avoir un très grave accident, sur une route où elle n'aurait pas dû se trouver.

    Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu'il incarne, époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d'abîmes sous ses pas. "

    abby-hulot.pngAlors, d'après vous, on vous vend NCIS là, ou Ushuaïa ?

    Je sais : j'ai beaucoup d'imagination et je prête facilement aux autres des intentions qu'ils n'ont pas. Mais quand même, bon sang !

    "4h du matin", "le téléphone sonne", "grave accident" : déjà, je m'attends à un truc un peu pêchu, une entrée véloce dans le roman, un rythme soutenu pour la suite. 622 pages, quand même, faut maintenir le lectorat en éveil.

    "une route où elle n'aurait pas dû se trouver", "enquête sans répit', "lutte entre la vie et la mort", "secrets de famille" : certes, ce n'est pas un thriller. Mais un peu quand même alors? ça tombe bien j'adore le suspense et les histoires de famille.

    Sans vouloir rien dévoiler de mon identité sexuelle secrète*, j'ai mes préférences. Si Hulot vient dîner, pas de problème, je fais des pâtes, on discute vente en vrac et fin du diesel. Mais si j'attends Abby et que j'ouvre la porte sur un type mal rasé avec le pull couvert de poils de yack, c'est sûr, je vais faire la tête. Et me sentir très con en nuisette.

    Le début du roman collait à peu près au programme, sur une centaine de pages environ. Ensuite, c'est devenu très contemplatif, accompagnant la morosité du mari dans de longues promenades en montagne, dans les visites répétées à son frère berger, au bureau avec son vilain patron, puis finalement dans un périple en Afrique. Je ne peux pas dire qu'il ne s'est rien passé pendant 500 pages. Mais rien passé de ce qui m'aurait plu, oui.

    Je ne comprends pas bien, d'ailleurs, car il y a un vrai public pour ce genre de récits, doux, poétiques, qui opposent le bruit perpétuel de la ville, la dureté du monde de l'entreprise au retour à la terre, à la famille, à l'essentiel. C'est un bon livre je pense. Mais je voulais Testament à l'anglaise de Jonathan Coe et j'ai eu Le goût des pépins de pommes de Katharina Hagera.

     

    Pour m'assurer de mettre fin à cette série noire, j'ai décidé de commencer 2018 par une relecture, celle de Pourquoi être heureux quand on peut être normal de Jeanette Winterson. J'en ai déjà lu un tiers hier avant de dormir et si tout dans l'année pouvait m'apporter ce plaisir là, ce serait le paradis sur terre. Ensuite j'essaie Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquista.

    Voilà pour le programme. A votre tour, que trouve-t-on sur vos étagères et tables de nuit pour les prochaines semaines ?



    * Je tiens à préciser qu'ayant été sensibilisée à la question récemment, il aurait été plus correct d'employer ici "orientation sexuelle" pour ne pas entretenir l'amalgame fréquent avec l'identité de genre mais que ça ne m'arrangeait pas dans la phrase.

    Lien permanent Catégories : Morgue 4 commentaires