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Médecine générale

  • Elles la portent haut

    folio-culottées.jpgCulottées, Pénélope Bagieu

    Je suis heureuse d'ajouter à ma bibliothèque le premier volume de cette bande dessinée, que j'avais déjà lue. C'est un excellent signe que la multiplication de ces ouvrages qui mettent en avant des femmes fortes au destin extraordinaire. Ce n'est pas artificiel, ce sont parfois des femmes qui ont accompli de grands travaux scientifiques et dont le nom a été volontairement effacé au profit d'un homme. Ce livre rend justice.

    Je ne suis pas fan du dessin, à l'exception des doubles-pages que je trouve très belles, mais j'aime le ton humoristique des portraits.

    Dans ce volume, les femmes endossent, à des époques où c'était inenvisageable, des responsabilités réservées aux hommes. Elles deviennent chef de guerre ou de tribu, exploratrices. Au mépris des convenances, elles assument leur rôle.

    Si je devais n'en choisir qu'une ... mmmh. La femme à barbe ! Parce que je persiste à me raser les jambes quand je vais à la piscine, que je n'ai jamais pu passer au-delà de cette injonction sociale qui m'agace pourtant au premier point.

     

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  • Feu vengeur

    pour une qui a survécu,combien de mortes ?,souad,brulée vive,témoignage,comptez sur moi pour égayer vos fêtesBrûlée Vive, Souad

    Une abominable histoire vraie, un classique que j'ai d'ailleurs plusieurs fois vu dans les étagères de personnes qui lisent très peu, à côté de quelques ouvrages historiques. Il n'était pas seulement sur ma liste depuis des siècles, il était aussi dans ma bibliothèque, depuis un vide-grenier "emportez toute la caisse".

    A quel moment se dit-on : "Tiens, je suis d'humeur, je vais me lire un petit témoignage de femme torturée ?" Jamais. Alors j'ai profité d'un challenge sur Livraddict. La blogueuse ChristL04 s'est proposée pour former avec moi un binôme et pré-sélectionner 3 titres dans ma PAL. Je devais ensuite en choisir un et j'ai bien senti qu'il n'y aurait pas d'autre occasion pour Brûlée Vive.

    Que dire ? C'est d'autant plus horrible que tout est vrai. Une jeune fille grandit en Cisjordanie, son univers se réduit à son village, elle n'est pas éduquée. Seule compte la loi des hommes. Les femmes ne sont rien, elles n'ont pas même la valeur du bétail. Elle triment comme des esclaves et quand un homme le souhaite, elles meurent. C'est normal. Ce sont des hommes. Avant même d'être brûlée vive, Souad aura déjà été deux cents fois torturée, physiquement ou psychologiquement. Les femmes ne vivent que pour se marier et donner des fils. Quand on lui promet enfin le mariage, Souad a si peur que le garçon change d'avis qu'elle finit par céder à ses demandes. Elle tombe enceinte. Elle est donc condamnée, sa propre famille tente de la tuer.

    Le récit est très efficace. On sent bien comment les souvenirs se reconstruisent, autour de l'ombre portée du traumatisme. La question de l'après est douloureuse, avec le poids de ce secret, particulièrement après la naissance de ses propres filles. Le danger d'être retrouvée pour venger l'honneur. Même aussi loin, même des années après, ça arrive.

    Piqure de rappel utile sur l'état passé et présent des droits des femmes et sur tous les mécanismes psychologiques à l’œuvre dans les situations de violences chroniques.

     

    Comme c'est un challenge partagé avec une autre blogueuse, je vous invite bien sûr très fortement à lire son article, sur une lecture que j'ai piochée pour elle dans sa PAL et que je vous laisse découvrir ici.

     

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  • Jeune et jolie (et décédée)

    harry quebert, joel dicker, couvertureLa vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker

    Si quelqu'un m'a vue samedi sur bfm avec une charge de CRS aux fesses, ne tirez pas de conclusion hâtive ! J'allais au ciné, je n'ai pas assez bien regardé avant de traverser la rue comme nous le conseille notre bon président.

    On est bien en ce moment non ? Il se passe plein de choses, on ne s'ennuie pas. Un peu de fatigue mais les vacances en vue. Des listes de lecture bien tenues, la famille et des tas d'apéro en vue... Impec.

    Je suis de si bonne humeur que je sens déjà que j'en veux moins à Harry Quebert. J'ai fini le roman juste quand commençait la diffusion tv de l'adaptation mais je ne l'ai pas encore regardée. 

    Un roman qui parle de l'écriture et des problématiques associées ( mercantilisme des éditeurs, versatilité du public, panne d'inspiration, quête de la vérité, techniques narratives ) avec un auteur pour personnage principal c'est toujours trois pas d'avance pour décrocher un prix littéraire... Il en a eu plusieurs.

    Je n'ai pourtant pas trouvé le style renversant. On tricote le présent (découverte du cadavre d'une jeune fille) avec le passé (époque de sa disparition trente ans auparavant) à l'aide de passages qui introduisent avec plus ou moins de brio les confidences des témoins auprès de Marcus Goldman.

    Marcus est un écrivain célèbre pour son premier roman et en panne du second. Il est sur le point de faire faillite quand le buzz du moment lui tombe dessus : son mentor et ex-professeur Harry Quebert est accusé du meurtre de Nola, disparue trente ans plus tôt.

    C'est aussi l'histoire d'amour entre ce prof trentenaire et une gamine de quinze ans. J'ai mis un peu de temps à me l'avouer mais je n'ai pas été emballée par ce thème. C'est pile la zone grise. Elle aurait eu douze ans, c'était carrément glauque. Dix-sept et tout l'intérêt du roman s'écroulait. 

    Parlons de la résistance héroïque du Harry et de ses scrupules moraux "oh quand même, on ne devrait pas, les gens ne comprendraient pas, tu es trop jeune". Mouais. J'ai trouvé ces objections assez complaisantes. La grande scène de la résistance à la tentation, c'est presque un passage obligé. Au final on glorifie plutôt ce couple hors du commun, qui se noue en dépit de la morale puritaine de cette petite ville. Sous-entendu : rhoo soyez pas des vieux cons coincés, à quinze ans, ça va, elle sait ce qu'elle fait. Plaignez ces amants que l'excès de morale condamne. D'ailleurs le parallèle fait avec le livre dans le livre, qui traite des couples mixtes, va dans le même sens : ça aussi, c'était mal et condamné par la société, avant, mais la société évolue.

    A la rigueur, j'aurais pu ne pas trop m'en formaliser, si la gamine avait été "spéciale". Mature pour son âge, présentant des talents particuliers, étudiante brillante et précoce, ou émancipée de sa famille, ou présentant une réflexion poussée sur la question de leur couple. Au lieu de quoi, ce qui plaît à Harry, c'est qu'elle danse sous la pluie. Je vous traduis : il aime son physique et sa naïveté. Elle boude, elle fait des caprices, ne semble même jamais consciente que l'écart d'âge peut être considéré comme un problème. Elle a vraiment quinze ans, c'est cohérent. Moi aussi, à quinze ans, je fantasmais sur ma prof. Pourquoi d'après vous l'actrice de la série a-t-elle six ans de plus? M'étonnerait que les familles devant la tv ait trop envie d'identifier Nola à leur adolescente.

    Évidemment au cours de l'enquête, on en vient à soupçonner Nola d'être une allumeuse. Inévitable ? 

    Les personnages secondaires valent aussi leur pesant de cacahuètes, très clichés de péquenots de province. Femme qui porte la culotte, mari un peu niais qui supplie sa "bibichette", serveuse de fast-food qui veut devenir une star, flics ripoux...

    Le suspense est variable, tantôt la mécanique est efficace, on se laisse surprendre. Tantôt on nous annonce comme un scoop un truc qu'on voyait venir à des kilomètres. Pour autant, globalement, ce n'est pas un mauvais roman. Je l'ai bien aimé.

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  • Force animale

    zoo city, beukes, afrique du sud, couvertureZoo city, Lauren Beukes

    Au moins cette fois-ci je ne peux pas reprocher à une oeuvre fantasy de toujours rimer avec jeune public. Sans être exactement trash, c'est violent. Le récit se passe dans une Afrique du Sud (pays de son auteure) sombre et violente, dans une sorte de ghetto où vivent les "animalés", des humains qui ont commis de lourdes fautes (pénales ou morales, ce n'est pas bien aisé à saisir) et se retrouvent alors par une sorte de magie, associés à un animal. Ils ne peuvent ni s'en éloigner beaucoup sans souffrir, ni s'en séparer et si l'animal meurt, ils meurent. L'idée est bonne.  L'animal semble être une incarnation du fardeau de la conscience - même si en soi se voir adjoindre un chien ne semble pas une horrible torture, imaginez celui qui se retrouve lié à un requin. Finies les vacances aux sports d'hiver. 
    Bon. Ils ne partent pas beaucoup en vacances. La plupart sont pauvres et/ou délinquants.
    Étrangement l'arrivée de l'animal est accompagnée du gain d'un pouvoir magique plus ou moins utile. Par exemple, celui de se rendre invisible. Comme beaucoup de choses dans ce roman, il est difficile d'en comprendre la portée symbolique. pourquoi ce cadeau avec l'animal-punition ? 

    A côté de ça, c'est aussi un thriller , puisque l'héroïne, accompagnée de son paresseux et dotée de la capacité de visualiser les objets perdus de chacun.e et de suivre un fil jusqu'à les retrouver est engagée pour retrouver une gamine, une star de la chanson. 

    Je n'ai pas eu la sensation que le roman voulait la retrouver. On enquête, on piste, on solutionne le mystère, certes. On parle surtout des humains, des bas-fond, de la violence. Du sida qui apparaît inévitablement dans les récits qui se situent en Afrique. 

    J'ai peiné à passer un obstacle. Quel nom lui donner ? L'écriture était ardue à déchiffrer. Je n'ai jamais eu autant besoin d'un dictionnaire; Je n'ai presque jamais trouvé les mots que j'y cherchais. Un peu de dialecte ? Des connaissances dans le domaine de la musique ou de la pop culture que je ne possédais pas ? Des marques de fringues ? Des espèces animales ? Parfois même le contexte ne me suffisait pas pour deviner dans quel domaine je me situais. 

    Ce n'était pourtant pas mauvais. Juste très étrange, comme de découvrir un nouveau genre littéraire. Il n'y a que la S.F. pure et dure, un peu à l'ancienne, qui me fasse le même effet. Devoir m'investir; Etre étrangère à des codes. 

    Pour adultes qui maîtrisent les codes du banditisme dandy? 

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  • Poulet en batterie

    couverture, morsures de l ombre, giebelLes morsures de l'ombre, Karine Giébel

    On sait où l'on met les pieds avec Giébel : thrillers violents, très très sombres. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Je n'ai retrouvé qu'un seul article, celui sur Meurtres pour rédemption, mais je me souviens avoir lu au moins deux autres de ses romans et leur avoir trouvé de solides points communs : Karine Giébel interroge souvent la notion de culpabilité, personne n'est très innocent, chaque fois la souffrance est autant psychologique que physique et elle aime que ça dure un max...

    Dans Les morsures de l'ombre, un policier marié qui cède aux charmes d'une jolie jeune femme se retrouve enfermé dans une cage au sous-sol. Le séjour n'est pas à son goût. L'hôtel n'a pas même une étoile, le room-service laisse à désirer et le personnel est un peu lunatique. 

    Tandis que le monsieur meurt de froid, de faim et se fait torturer tout en jurant qu'il est innocent, le lecteur s'interroge.  C'est loin d'être un ange, ce beau gosse qui couche avec tout ce qui passe... Et si quelqu'un avait de bonnes raisons de le chatouiller un peu ? 

    Conclusion : thriller de bonne qualité quand on est amateur du genre, c'est efficace mais prévisible - encore plus quand on connait Giébel, ça ne peut qu'être pire à chaque fois qu'on tourne une page. 

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