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Psychiatrie

  • Certains escaliers ne font que descendre

    magnifique roman qui décroche paradoxalement le titre de pire lecture de ma vie,mère dépressive,misère,enfants,stupeur et effondrementBord de mer, Véronique Olmi

    ça me fait tout bizarre de repenser à cette lecture... Comme si elle n'avait pas eu lieu. Si vous avez vécu une période de profonde dépression, vous comprendrez peut-être. Quand on en sort, tout ce qui est arrivé est brumeux et s'efface. Comme si l'épisode était trop sombre pour qu'on en conserve le souvenir. On regarde en arrière, on sait que c'est arrivé, mais on ne peut plus "vivre" l'émotion. Elle a disparu.

    C'était horrible, je n'ai pas d'autre mot. Infiniment triste, d'un bout à l'autre. Cette femme seule avec ses deux petits garçons, qui utilise ses derniers sous pour leur faire voir la mer. L'hôtel miteux, le 6e étage sans ascenseur, la pluie. L'innocence des enfants. Et elle, à bout, à bout de tout, à bout d'argent, de courage, d'espoir. Et cette fin...

    Je n'ai jamais été traumatisée par un livre comme par celui-ci. Jamais. Jamais. Et j'espère bien que ça n'arrivera plus. Je n'ai pas seulement pleuré, comme ça m'arrive parfois. J'ai souffert. La misère, c'est un truc qui me retourne le cœur.  Traumatisée. C'est vraiment le terme. J'en ai été malade.  Des larmes irrépressibles, l'impossibilité pendant de longues minutes de parler... Un véritable état de choc. Violente expérience...

    En général, une lecture d'une telle intensité passe dans mes coups de coeur mais là je me demande vraiment si je peux le recommander.

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  • Voeux deux

    Si vous vous accrochez à cette année parce qu'elle a été plus sympa que la moyenne.

    Si vous avez dû prendre sur vous pour fêter Noël avec des inconnus mais survécu à l'épreuve.
    Si vous avez dû prendre sur vous pour fêter Noël avec des inconnus (mais pour d'autres raisons).

    Si vous avez torpillé une tarte au citron et que vous êtes passée à un cheveu, mais vraiment un cheveu de réussir votre tour de carte.

    Si vous avez troqué Kiki le yorkshire de l'épisode 1 contre un chat qui a fait tomber le sapin, enfin!  il a pris son temps tout le monde n'attendait que ça depuis une heure !

    Si vous avez échappé à la gastro cette fois, mais quand même rien pu manger.

    Si vous avez reçu en cadeau un chou vert frisé (oui, un vrai) et abondamment remercié comme il se doit sans trop savoir ce que vous deviez en faire.

    Si vous avez rampé jusque sous le drap housse et dérangé pour ce faire un baba au rhum déjà bien imbibé.

    Si personne cette année n'a envoyé de sms à ses ex, parce que la sangria est beaucoup moins forte que le rhum et que de toute façon, vous avez déjà donné leurs prénoms à vos enfants.

    Si le père Noël vous a dotée d'une paire de chaussons moon-boot roses mais que vous osez quand même les porter parce que c'est chaud, mais jamais en public.

    Si vous avez tenu des propos homophobes, racistes, politiquement incorrects et à très fort contenu sexuel et apprécié l'expérience.

    Si vous attendiez avant-hier la suite de mes supers vœux, parce que ce sont les plus chouettes... alors, avec les excuses de la maison pour le retard:

    Un très joyeux Noël à vous !

     (Et n'hésitez pas à ajouter à la liste votre propre expérience)

     

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  • Ciel leur mari !

    c'était obligé le titre en anglais?,se bonifie avec le temps,rebecca lighieri,husbandHusbands, Rebecca Lighieri

    Je vous sous-titre la v.o. pourtant française : c'est une histoire de maris. Un beaux tas de cons qui rendraient n'importe quelle nana un peu sensée lesbienne dans la minute. Non que j'aie quelque chose contre les conversions, mais à partir du moment où le pape trouve ça à la mode, par principe, je vais m'opposer.

    C'est effrayant d'ouvrir un roman et de devoir supporter pendant des dizaines de pages la vulgarité de mecs qui ont la cervelle placée de telle façon que leurs oreilles ressemblent à s'y méprendre à des testicules... Si la majorité des hommes ressemblait à ces types pour qui le summum de la sexualité consiste à taper comme des brutes au fond des vagins - alors que même au foot, le franchissement de la ligne suffit - il y aurait des files d'attente devant les couvents. Dieu sait ce que ces dames manqueraient !

    "C'est pas Dieu qui va te fourrer sa grosse bite au fond de la chatte ! Parce que je te connais Delphine, je te connais mieux que tu ne te connais toi-même : en matière de cul, tu as de gros besoins".

    Je suis restée furax un bon moment... Mea culpa. Je me suis un peu calmée par la suite (bien après le milieu - finalement, parfois, ça a du bon d'aller au fond des choses). Après tout, ce n'est pas un panel d'étude sociologique. Ni le manuel du cours de virilité. C'est peut-être juste un roman et il faut que je me calme.
    Alors l'idée est-elle de nous apprendre à distinguer le vrai salaud pathologique du salaud accidentel et du salaud par dépit? Hmmm quand même... Si je devais relire Les garçons de l'été, j'aurais un regard différent sur la vigueur des beach boys.

    Revenons à nos husbands. Ils sont trois et se rencontrent sur un forum candauliste. Les candaulistes, ce sont un peu des écologistes. Vous savez, ces forums où l'on met à disposition des voisins la tondeuse, le fer à friser ou l'appareil à raclette, parce que chacun possède un exemplaire d'un appareil qui ne sert réellement que cinq heures par an ? (un peu plus pour la tondeuse, mais le calcul de la moyenne est plus complexe car il faut prendre en compte la surface des terrains). Les candaulistes c'est tout pareil, sauf que c'est leur femme qu'ils proposent entre deux périodes où ils en ont l'usage pour la cuisine, le décorum, taper dessus ou dedans, ou pour gagner de l'argent.

    [ Aparté : si vous avez déjà attaqué l'écologisme par un des bouts suivants : usage répété du quinoa, couches lavables, toilettes sèches, café équitable, je serais vous, je me méfierais de l'historique de navigation de mon conjoint... ]

    Tous trois sont donc dans une mauvaise passe.
    Le gentil qui a épousé une fée du logis : Sa déesse du ménage a une liaison + une relation contre-nature avec son congélateur.
    Le vieux qui a épousé une jeune et l'a modelée à ses goûts à coups de bistouri: Sa gourde aux oeufs d'or commence à exprimer des velléités d'émancipation.
    Le racaille des banlieues qui a épousé une aristo : Sa bourgeoise lui fait sentir qu'il n'est qu'un raté mal dégrossi.

    En résumé : leurs femmes ne filent plus aussi droit qu'avant et il faut qu'elles payent, ces putes. (J'ai fait une autre moyenne, celle des termes qu'ils emploient pour parler de leur moitié). C'est là que commence le thriller.

    Petite précision, les trois maris prennent tour à tour la parole à la première personne. Toute notre génération semble définitivement incapable de faire l'effort de se projeter dans un personnage s'il ne dit pas "je".

    Saurez-vous rendre à chaque Prince Charmant ce qui lui appartient ?

    "Parfois, le seul son de la voix, son articulation précise et maniérée, ses formules pompeuses, la dignité affectée avec laquelle elle se déplace, tout cela me donne envie de la cogner, comme la pute qu'elle est au fond."

    "Je sais y faire avec Lauriane, je sais comment la persuader qu'elle prend des décisions alors que je les prends pour elle."

    "La mienne est déjà une pute. Pas besoin que je la pousse dans les bras d'un autre. Elle s'y est déjà vautrée et pour autant que je sache, elle continue".

    Une fois rassurée sur que le fait qu'à partir d'un même point de départ, certains allaient un peu retrouver leurs esprits, j'ai su apprécier (je lui ai mis 15 sur Livraddict??) ce thriller surprenant. Il faudrait que j'aille voir ce que l'auteure écrit sous son vrai nom... ça pourrait être rigolo.

    Bonne route si vous entamez la tournée pour les fêtes!  

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  • Nouvelles qui battent la campagne

    ogawa-piscine-abeille-grossesse.jpgLa piscine - Les abeilles - La grossesse, Yôko Ogawa

    C'est vraiment (!??) la littérature japonaise... Ma dernière tentative ce devait être 1Q84 de Murakami. J'ai tout oublié de l'histoire ainsi que de la fin, peut-être que ça vaudrait le coup de relire la série un jour... mais j'en garde un bon souvenir! 

    Là c'est le cran au-dessus en matière de bizarroïdeté... J'ai l'impression que le but ultime de tous les romans japonais est de me déstabiliser et de me faire surveiller mes livres du coin de l’œil au cas où il leur prendrait l'envie de se transformer en sushis. Ce sont toujours des ovnis... Un de mes collègues utilise régulièrement l'adjectif "malaisant" (qui cause une impression désagréable, un malaise) et j'ai remarqué qu'il en a déjà contaminé d'autres. Wikipédia confirme l'existence du mot en dehors de notre bureau. Il colle bien à ces nouvelles. 

    Pour revenir aux romans japonais, soit j'ai la poisse quand je les choisis, soit les japonais ne lisent que des romans psychédéliques et n'ont rien de plus banal ou de réaliste, rien de simple, pas de Musso, pas de Thilliez. ça doit être dur.  

    De la même auteure, j'ai lu il y a quelques années Le musée du silence. C'était déjà assez original ! Mais chouette. D'où sans doute cet achat ancien... j'ai l'impression d'avoir traîné ce recueil de nouvelles d'un déménagement à l'autre depuis des lustres. 

    La piscine : une fille de directeur d'orphelinat craque pour un des pensionnaires et va régulièrement le mater pendant qu'il plonge à la piscine. Et il se passe des trucs flippants.

    Les abeilles : une femme au foyer esseulée aide un cousin étudiant à se loger dans une sorte de pension qu'elle a elle-même occupée autrefois, dirigée par un type sans bras ni jambes (j'exagère, il lui en reste un peu). Et il se passe des trucs flippants.

    La grossesse : Le moins bon des trois récits à mon goût, une femme tient le journal de la grossesse de sa soeur. Il se passe probablement des choses louches aussi mais sûrement moins, sinon je m'en souviendrais mieux.

    Je groumpf mais au fond, j'aime bien être un peu malmenée et malaisée. 

     

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  • HOP #3 Pense à penser

    Humain.jpgIntelligence artificielle ?
    Définition

    Je commence par remercier ma compagne et mes supers collègues du bureau de gauche qui est à droite pour les échanges, les questions, les objections, les ronchonnades qui nourrissent notre esprit. Et pour me tolérer encore, une fois apparu que je suis la moins humaine de tous.

    Il mûrit depuis un moment cet article qui aurait dû être l'introduction du thème. C'est comme tout, chez moi, ça arrive en spirale, avec une agitation croissante à mesure qu'on approche du centre et les turbulences qui vont avec...

    Rien d'objectif en vue, rien qu'un pêle-mêle de réflexions perso sur l'intelligence et l'envie de susciter un intérêt qui répondrait au mien. Qui sait, vous serez peut-être avec moi, un jour, dans un hoo, un zoo pour humains. C'est ma conclusion. Comme je l'avais en tête, je l'ai mise là pour ne pas l'oublier en route.

    L'intelligence artificielle... drôle de nom... qu'un assemblage de câbles et de bidules métalliques prenne des données en entrée et sorte un résultat, c'est artificiel. Qu'un assemblage de cellules fasse la même chose, c'est, quoi, naturel ? En tout cas différent. Rien à voir. Surtout, surtout, non, rien de comparable.

    C'est sur ce point que je n'ai réussi à tomber d'accord avec personne. Pour moi, si on part des mêmes infos et qu'on arrive au même résultat, alors ce qui est au milieu peut porter une même étiquette. Autrement dit, si je rentre des chiffres et que le Père Noël décroche et dit « allo », alors j'ai un téléphone. Qu'il fasse de la lumière, commande du pop-corn, m'affiche la météo ou se transforme en licorne les soirs de pleine lune, c'est un téléphone. Avec plus ou moins d'options.

    Et donc, si un jour une machine à laquelle je parle me répond comme vous me répondriez, me regarde comme vous me regarderiez, réagit comme vous le feriez, alors elle est « humaine ». Équivalente à un humain, si vous préférez. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent pour des raisons de composition chimique. C'est s'arrêter au physique, encore et toujours.

    Paraît que cette position sur l'intelligence artificielle porte un nom. J'ai oublié lequel mais j'ai surtout du mal à comprendre comment on peut penser autre chose.

    On a essayé de m'expliquer en me coinçant avec un « mais alors tu pourrais tomber amoureuse d'un ordinateur ? » qui se voulait facétieux . Bah... oui. Si elle est toute pareille à tout ce que j'aime chez une femme, je vois pas bien pourquoi non. D'ailleurs si un homme était tout pareil, ça marcherait aussi. Si je peux envisager d'aimer un homme, je suppose que je peux envisager d'aimer un fer à repasser tendre, plein d'humour, féministe, qui aime lire et qui me supporte. Il me tiendrait lui aussi chaud au lit, en plus.

    C'est de la pure logique. Ensuite mon collègue a ajouté que quand même... le corps, la chaleur, l'odeur... à quoi je réponds qu'on peut aussi avoir tout ça sur une machine. C'est juste de la physique et de la chimie. Un mélange de nounours, de couverture chauffante et de réveil olfactif. Techniquement, c'est presque facile.

    Je trouve qu'on a bien du mal à donner de la valeur à ce qui est trop différent. C'était le sujet de cette nouvelle de Sylvie Lainé, Un amour de sable. C'est avoir la mémoire courte que d'oublier combien il est facile de déplacer à notre guise en fonction des époques la frontière « comme moi / pas comme moi ». Je pense qu'il y a encore du chemin à faire.

    Mais je sens bien qu'il y a de la crispation dans notre définition en tant qu'espèce. Comme si, oh ! quand même ! se comparer à un assemblage de tôles et de vis, c'était dégradant ! Il faut qu'on soit quelque chose d'inégalable, d'incomparable, sinon... je ne sais pas. Plus rien n'a de sens ? C'est mystique, je trouve. C'est peut-être pour ça que ça m'échappe. Un corps, même le plus désirable, ça reste pour moi un gros Lego du tableau de classification des éléments. Qu'on y mette du silicium ou du carbone, un peu de courant électrique et le tour est joué.

    Cela ne m'empêche pas d'être fascinée par la vie. Qu'on ne sait pas copier ni créer à partir de rien. Mais l'intelligence, c'est encore autre chose, de difficile à définir. Quand on se compare à l'animal, on trouve que marcher, déplacer un objet, ce n'est rien. Et que résoudre une équation différentielle est tout. C'est pas le hérisson du jardin qui ira planter un drapeau sur Mars, hein ?  Mais qu'on se compare à l'ordinateur, qui calcule bien plus vite que nous et alors, c'est marcher, qui est tout. Se déplacer sans tomber, courir avec un ballon. Voici Ribery à la rescousse de notre intelligence humaine.

    Je n'ai pas de peine à imaginer l'humain bientôt dépassé par les machines. Dans le prochain article, j'essaierai de présenter ce que j'ai compris du deep learning et de tout ce que nous avons déjà sous-traité à l'ordinateur.

    Pour une fois je ne suis pas pessimiste. Je ne vois pas Terminator. Plutôt une lente conversion, logique, du plus faible par le plus fort. Augmenter notre espèce limitée, c'est prendre le risque d'une humanité à deux vitesses... Je n'aime pas trop cette idée, mais c'est déjà en route.

    L'autre voie, c'est la paisible extinction de l'espèce parce que plus personne ne voudra la perpétuer sous sa forme actuelle. Un peu comme un changement de technologie. Vous n'entrez pas dans les maisons pour arracher aux gens leurs K7 et leurs walkmans. Un jour, dès qu'ils peuvent, ils achètent d'eux même un lecteur CD. Et l'ancienne forme cesse d'exister.

    Peut-être que des machines à l'intelligence aboutie n'auront pas plus de vindicte contre nous qu'on en a contre les grenouilles. Nous serons simplement une bestiole parmi les autres, nous aurons droit à notre programme de reproduction pour la préservation de l'espèce et nos vidéos facebook seront visibles dans leur cyber-musée de l'être humain.

     

    A vos arguments.

    Qu'est-ce qui, selon vous, fait le propre de l'humain et ne saurait être égalé par une machine ? *

     

     

    * « nos erreurs » est une piste que je n'ai pas eu le temps de traiter. Etre raciste, tabasser un homosexuel, se moquer d'un bègue, voter pour un président vulgaire et bas du bulbe qui fait son job sur twitter... Avec un peu de chance mon grille-pain du futur n'y songerait pas de lui-même.

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