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Tale me more - Page 6

  • Accidents de parcours

    dérapages-thiéry.pngDérapages, Danielle Thiéry

    Un roman policier déroutant. Comprenez que je me suis rapidement retrouvée hors piste... Un suspense inexistant, une écriture chaotique, un thème central survolé. J'annonce tout de suite la couleur pour ceux qui ne veulent pas perdre leur temps : tout mon article ne sera qu'une succession de critiques.

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  • Groupement de textes

    Groupement d’œuvres destinées à la jeunesse, autour de la thématique évidente "Livres achetés pour ancienne vie et que je n'ai jamais eu l'envie d'ouvrir". Mais je l'ai dit, non, que je vidais mes stocks?

    gilgamesh-cassabois-hatier.pngLe récit de Gilgamesh, adapté par J. Cassabois

    Tout est dans le "adapté", ce ne sont que des extraits. En même temps, pour une fois, j'étais soulagée d'échapper à la totalité d'un texte dont je n'avais jamais entendu parler avant de le voir dans les programmes de 6e et que je soupçonnais de sentir la poussière.

    J'avais tort, (une nouvelle fois) c'était pas mal du tout. Presque il se pourrait qu'un jour je me décide à lire la totalité. Belle histoire d'amitié, récit poétique.

     

    oedipe-dieuaide.pngOedipe schlac! schlac!, Sophie Dieuaide

    Schlac, schlac, là encore tout est dans le titre : à l'occasion d'un spectacle des élèves de primaire sont instruits de l'histoire d'Oedipe, cet homme à la famille dysfonctionnelle.

    C'est un très court roman, très drôle, sauf que je lui reproche fortement la coupure finale brutale qui tombe comme une machette dans un bol de soupe. Tsss, mais quelle fâcheuse pirouette...

     

    projet-oxatan-colin.pngProjet oXatan, Fabrice Colin

    Fabrice Colin... J'avais lu ces nouvelles, Comme des fantômes. Et compris que même pour s'adresser à un jeune public, il ne lésinerait pas sur la qualité de l'écriture. 

    Récit de SF soigné, sans originalité excessive, sans suspense véritable, donc, mais qui maintient toutefois notre curiosité à bon niveau.

     

     

  • Ecrits noirs sur blancs

    effacement, percival everett.pngEffacement, Percival Everett

    Entre mes monologues ici et la température au boulot qui est à vous faire fondre sous vos deux ou trois couches protectrices, c'est à ne plus avoir pour écrire qu'une bouillie de cervelle liquéfiée et démotivée!

    Ajoutez que le chien, qui a très peur de l'orage, ne cesse de haleter, tourner et virer la nuit au point de m'empêcher de dormir. Et dire que j'arrive encore à lire assez pour avoir... Allez, jouons! Combien dois-je écrire d'articles pour être à jour ? Quelle température fait-il dehors à 6h du matin ? Combien d'heures ai-je dormi la nuit dernière?

    Les réponses (en désordre) : 7, 5, 23. Je ne donne pas la solution, avec un peu de logique et sachant que je ne vis pas en Alaska ...

    Pour les plus anciens fidèles, question bonus : quel livre de Percival Everett avais-je apprécié un été lointain, au point de me souvenir encore d'une citation, ce qui est rare?

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    Bien, reprenons. J'ai dormi 13mn providentielles pendant la pause déjeuner, on peut dire que je suis dans un état potable.

    Il s'agissait donc de Blessés, l'histoire d'un meurtre raciste dans l'ouest américain, roman étrangement doux et paisible, pourtant. Lecture qui me fait souvenir de son contexte: vacances, soleil et transat.

    Que dire d'Effacement?

    Que je l'ai aimé - après un début très difficile - sans pour autant en saisir vraiment le propos principal. Le héros est un professeur et écrivain. Ce qu'il écrit est difficile d'accès, c'est le moins qu'on puisse dire... D'où l'aridité du début. Il est issu d'une bonne famille, mais pas très fort en relations familiales, il vient de perdre son père, et sa mère, de perdre la tête. Et puis il est noir, ce qui n'est pas sans lui créer des problèmes originaux: son agent littéraire trouve qu'il n'écrit pas assez noir. Que ça manque un peu de problématiques raciales, de ghettos et de cette "communauté" à laquelle ce brave gars, fils de médecin, perplexe, ne se sent pas spécialement appartenir.

    Or, tandis qu'il vend péniblement trois exemplaires de ses bouquins de qualité, quelqu'un d'autre s'est engouffré dans la brèche des gamins des rues, de la drogue, du langage vulgaire, de la misère etc. et a pondu l'inévitable best-seller porté aux nues parce que "tellement vrai".

    Dépité, il se lance et crache en quelques heures une parodie qui surjoue encore davantage le côté glauque, avec le gamin noir paumé voyou, voleur, violeur et qui ne peut s'empêcher de mettre enceinte toutes les 3 secondes et sans délicatesse une femelle, mais touchant quand même parce que représentatif de sa "communauté". Et grâce à son agent qui jubile, l'impensable arrive. Son livre publié sous pseudonyme rencontre un énorme succès, sans que personne n'en perçoive l'ironie.

    L'ensemble de ce roman est enchâssé dans Effacement. Et oui, ce qui fonctionne, c'est qu'il est beaucoup plus facile de lire l'histoire d'un môme qui rumine sa pauvreté que de lire ce qu'écrit le professeur en son nom propre.

    Mais le roman va au delà, avec ce père mort dont on découvre les secrets, la mère gâteuse dont il faut s'occuper, le reste de la fratrie. Les femmes. Toute la vie, complexe, d'un homme. J'ai cherché des liens à tisser entre ces deux cordes qui se déroulent côte à côte, celle de l'écriture et celle de l'existence. Rien de concluant, je passe sans doute à côté de quelque chose.

    Dans l'ensemble, bon. Un TB pour l'écriture, un B pour l'intrigue, un B aussi pour la réflexion sur l'écriture et sa réception.

     

  • Bon pied, mauvais oeil

    vue-mort-guerin-lanester.pngA la vue, à la mort, Françoise Guerin

    Je découvre enfin le premier roman de Mme Guérin, croisée aux quais du polar et écoutée avec grand plaisir cette année dans une conférence qui avait pour thème "Polar et psy", laquelle, trop brève à mon goût, n'a pas creusé grand chose, mais l'ambiance était joyeuse et les deux autres invités (psychiatres) tout aussi passionnés.

    Je n'ai pas fait d'article sur la Grande Enquête de l'édition 2015 des Quais du Polar. J'en avais l'intention, puis le temps a passé. C'était peut-être une façon de me venger des organisateurs qui avaient choisi les pentes de la Croix-Rousse. Des heures à monter et descendre des rues en pente et des escaliers!! Et une énigme vexante, dont nous avons fini par trouver la solution sans vraiment recoller tous les morceaux. Pas tout à fait au hasard, mais pas convaincues quand même. Au point que la fin de notre Enquête a consisté essentiellement à pister dans la foule (10 000 participants cette année d'après ce que j'ai entendu) la scénariste de l'enquête en personne, dont nous étions parvenus à obtenir auprès du personnel encadrant à la fois le prénom (Christelle? Christine? J'ai oublié.) et la description : tee-shirt gris et sac à dos, noué sur le devant par une lanière. Un peu léger. Mais accompagnée d'un homme en orange!

    Bref. Nous ne l'avons bien sûr pas trouvée. Avons deux fois écouté le dernier duo de comédiens censé détenir la clé de l'énigme et avons déposé nos bulletins.

    Finalement c'est bien de la conférence que je garde le meilleur souvenir. Il y a surtout été question des expériences professionnelles du trio, un peu quand même de l'acte d'écriture, et des différences entre fiction et réalité. J'ai noté (et perdu depuis) une phrase magnifique qui portait sur l'espace des battements (de coeur?) et à peu près retenu ce qui était dit de la psychologie qui s'appuie sur les travaux de Lacan et s'attache particulièrement à ce qui est caché dans la parole.

    Mois d'une semaine plus tard, je lisais A la vue, à la mort et retrouvais tout cela ! Ce premier roman est bien meilleur que Cherche jeunes filles à croquer, je trouve. Plus original, hypnotique. L'enquête est intériorisée par le flic, Lanester (incarné par Richard Berry dans l'adaptation télé que je n'ai pas vue). En effet, celui-ci perd brutalement la vue sur la scène d'un crime d'un tueur en série : victimes énuclées, oeil géant peint au plafond. Un flic aveugle et égaré, voilà qui est peu banal. Il débute alors une psychanalyse qui sera, en réalité, le lieu principal de l'enquête. J'ai beaucoup aimé les retranscriptions de séances. 

    Je n'en dis pas plus. Très bon polar. Je vais suivre d'encore plus près cette auteure bien sympathique car ses idées et sa façon d'aborder le psychisme sortent de l'ordinaire.

  • Ouverte ou fermée

    derriere-porte-waters.pngDerrière la porte, Sarah Waters

    Imaginez un bord de lac, à l'époque préhistorique. Un homme et une femme (respectons toujours à la parité) se promènent au soleil. Avec les moustiques, ça gratte un peu sous les peaux de bêtes. Quand soudain, oh! quel joli caillou ! Ils ne peuvent pas savoir - mais nous oui - qu'il s'agit du premier silex, qui coupera le premier steak de mammouth et servira à allumer le premier feu pour le cuire à point.

    Il s'agit donc de savoir qui des deux obtiendra ce précieux outil. Voilà donc nos deux préhistos qui se décident à le jouer à pile ou face et se mettent en quête d'une pierre à la forme approchant de celle d'une future pièce de monnaie, laquelle n'a pas encore été inventée, non plus que le capitalisme. Ni l'anticapitalisme d'ailleurs, soyons justes.

    Drame ! Au moment de lancer la pièce, en l'absence de gravure, comment distinguer le côté pile du côté face?

    Preuve que l'évolution procède par touches infimes, de nombreux siècles plus tard, j'en suis encore à méditer sur le titre de ce livre et à me demander "Mais quel est donc le côté qui est derrière la porte?" 

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