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Tale me more - Page 2

  • La guettée parisienne

    3682460888.jpgLes Misérables - Tome III : Marius, Victor Hugo

    Revenons à ce cri : Lumière ! Et obstinons-nous-y ! Lumière ! lumière !

    J'ai trouvé un compromis pour me délester de la dictature des notes de bas de page et fluidifier ma lecture : j'ai lu toutes les notes avant, histoire d'être débarrassée ! Ce qui est bien avec les tocs, c'est qu'ils se plient assez facilement à des filouteries comme celles-ci. Pas folichon sur le moment, mais efficace. Reste ce sentiment désagréable de ne rien comprendre à la situation politique. Je vais trouver à régler cela et pour le 4e morceau, je serai au top !

    "Mlle Vaubois, parfaite en son genre, était l'hermine de la stupidité sans une seule tâche d'intelligence."

    Cette phrase... Vous comprenez pourquoi je mets de côté cet article depuis des semaines ?

    Je pensais que les Misérables, c'étaient Jean Valjean (un gentil galérien fétichiste des bougeoirs), Cosette (une petite chose muette et effrayée) et un couple d'affreux tortionnaires aubergistes. Les extraits dans mes manuels scolaires et les menaces de ma mère de faire venir les Thénardier pour ma sœur m'en donnaient en tout cas l'impression.

    En réalité, c'est une grande galerie. Le long portrait du gamin de Paris est sublime...

    "Si l'on demandait à l'énorme ville : Qu'est-ce que c'est que cela ? elle répondrait : C'est mon petit. "

    Je n'ai pas été aussi sensible au portrait de la ville - rigidité psychologique oblige, un portrait, ce sont des gens - mais j'ai aussi été bouleversée par ce pauvre père, l'ancien militaire, et d'une certaine façon par le grand-père de Marius.

    Tout cela pour redire que j'adore les portraits. Cette semaine, justement, un collègue d'excellente nature, toujours souriant, s'est mis à me vanter ces mêmes qualités chez un autre, dont il appréciait "la fraicheur". C'était un panégyrique très imagé où il était question de la montagne. Je n'aurais jamais moi-même utilisé ces images-là, mais je voyais exactement ce qu'il voulait dire : parfois, une présence nous emporte. C'était probablement, en dehors de la littérature, le portrait le plus enthousiaste d'un homme pour un autre que j'aie entendu.

    Alors que pris globalement je n'attends pas grand chose de mes semblables, observés un par un, il en sort toujours quelque chose de spécial, de poétique. Comme le gars dans le métro tout à l'heure, qui avait un mètre ruban et qui mesurait, en commentant tout haut, ses pieds, ses poings, les vitres, ses jambes, la distance entre ses chaussures... Il était un peu effrayant, comme toutes les manifestations publiques de l'existence de la folie. Il n'a pourtant essayé de mesurer personne d'autre que lui, même s'il en a fait l'annonce, en disant qu'on verrait bien alors, les menteurs, ceux qui se prétendent de taille 48 ou 50. Il a surtout laissé derrière lui une rame entière de gens éberlués, riant ou souriant. Au sein d'une foule, il a été le seul à exister, le seul à me donner envie d'en conserver le souvenir. 

    J'aime bien les gens, vus de si près. Si vous écrivez des portraits, envoyez-les moi. Si vous n'en écrivez pas, choisissez n'importe qui autour de vous, écrivez, et envoyez-les moi. On peut même faire des échanges si vous voulez, comme pour les Pokemon.

    Pour Hugo, je n'ajoute rien, je ne me sens pas assez à l'aise, mais c'est de mieux en mieux. Chouette personnage que Marius, en tant que fils, que petit-fils et que soupirant. Le coup de la promenade quotidienne et du banc... ça m'a rappelé des souvenirs. Qu'on est bête, quand on est amoureux/ses !

    "Vous allez tomber d'engrenage en engrenage, d'angoisse en angoisse, de torture en torture, vous, votre esprit, votre fortune, votre avenir, votre âme; et, selon que vous serez au pouvoir d'une créature méchante ou d'un noble coeur, vous ne sortirez de cette effrayante machine que défiguré par la honte ou transfiguré par la passion."

    A suivre...

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  • Chasse à l'urss

    nouvelle sparte, lhomme, futur, couvertureNouvelle sparte, Erik L'Homme

    Si vous avez une étagère dans votre bibliothèque au carrefour entre l'antiquité et le futur, c'est là qu'il faut poser ce roman, qui m'a secouée un peu de ma torpeur et marque peut-être la fin de mon hibernation estivale. J'attends juste la confirmation que le thermomètre de la chambre ne repassera plus la barre des trente degrés la nuit...

    Valère et Alexia, seize ans, vivent dans une société légèrement postérieure à la nôtre, dans une cité-état au bord du lac Baïkal, dotée d'une technologie avancée mais dont la principale particularité est d'être un curieux mélange d'inspiration antique avec culte de l'exercice physique, temples dédiés aux dieux grecs (et la référence à Sparte bien entendu)  et de valeurs communistes ( mise en commun des ressources, travail au profit de la communauté).

    Tandis que le reste du monde a sombré dans la consommation à outrance, que les inégalités entre les classes sociales se sont creusées, que la pollution est devenue la norme, Nouvelle Sparte est un écrin de nature, de sagesse, de vie saine, d'équilibre entre développement personnel et collectif. Même la religion me convient :

    "Il sait aussi que les dieux ne font pas de miracles mais donnent aux âmes la force de les accomplir"

    Un paradis sur terre, pour lequel je suis prête à signer de suite !

    Nos deux jeunes héros, amoureux, viennent juste de terminer leur kryptie, ce rite de passage qui les fait entrer dans l'âge adulte, quand des attentats viennent briser la tranquillité de la cité. Pour découvrir les instigateurs de ces crimes, Valère va devoir quitter le seul monde qu'il connaît, pour s'infiltrer dans une version sombre du nôtre.

    Ce roman jeunesse, dont la seule faiblesse est une intrigue un poil trop linéaire et prévisible, est à la fois un récit initiatique, un roman d'espionnage, le support à une réflexion sur la xénophobie et un morceau délicieux de poésie. Car l'écriture est à l'image du récit - difficile à décrire, déjà - à la fois ampoulée, d'un lyrisme exagéré, surannée mais bourrée de néologismes ou de combinaisons inédites de termes qui ralentissent la lecture et nous obligent à examiner les formules choisies, ce qui n'est pas plus mal. Avec l'habitude et la crainte de ne jamais réussir à lire tout ce que je voudrais lire, j'ai parfois l'impression que mes yeux traversent les romans à bord d'un 4x4 du Dakar.

    Comble de l'ironie, je n'ai été gênée que par l'usage olé-olé des temps et des concordances. L'hôpital qui se fout de la charité, je sais...

    "Elle lui sourit - chaleur-dans-son-coeur. "J'y serai." Il sort de la taverne alors que le soir se muait en nuitée."

    C'est aussi une histoire d'amour, traitée à travers le thème de la séparation. D'amour et de désir, le corps n'est pas oublié. Je souscris à cette vision de la sexualité naissante, c'est joyeux, sans pudeur excessive, cash et très doux, comme j'aime. A cause de ces quelques propos sur le sexe, de l'âge des protagonistes, de mon petit côté vierge effarouchée, de ma tendance à croire à l'innocence des enfants jusqu'au baccalauréat, mais aussi de l'impression globale de maturité, le roman me semblait plutôt destiné à des ados, toutefois le débat est toujours ouvert. Solessor confirmera : à partir de 10 ans, elle conseille.

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  • O. L.

    filles lionLes filles au lion, Jessie Burton

    Le premier roman de Jessie Burton, Miniaturiste, est sur ma liste depuis plus d'un an (il faut vraiment que je fasse du ménage, que je reparte à zéro, sa longueur me décourage).

    Une partie de l'intrigue se situe en Andalousie, pendant la guerre d'Espagne (le temps des filles au lion, j'ai mis de côté ma faible appétence pour l'Espagne). L'autre à Londres, dans les années soixante. Le pont entre les deux époques c'est ce fameux tableau des jeunes filles au lion et la présence, chaque fois, d'une jeune femme qui peine à s'affirmer et qui va être soutenue par une autre. Soit Une Olive ou une Odelle, et un lion (je me sens en devoir d'éclairer mon titre, aujourd'hui). 

    On attend bien sûr sagement ce fameux moment où l'intrigue dans le passé va éclairer la présence du fameux tableau dans l'intrigue postérieure, suspense qui se maintient à peu près jusqu'aux deux tiers. Tout tient dans mon "sagement". Si le cadre historique est plaisant, que les personnages féminins sont plutôt attachants, et que l'écriture est agréable, je n'ai pas été émue.

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  • Ponts et chaussées aux moines

    piliers, terre, follett, historiqueLes Piliers de la terre, Ken Follett

    C'est ma façon de contribuer à l'ambiance estivale, je lis les grandes sagas que je laissais de côté depuis longtemps.

    Est-ce la peine de présenter cette l'oeuvre que tout le monde semble avoir déjà lue ?

    Ambiance historique, Angleterre, XIIe siècle, les pauvres meurent en couches ou crèvent de faim, les nobles se querellent pour diriger le royaume et les moines prient.

    Tom le bâtisseur a pour ambition de bâtir une cathédrale et s'installe à Kingsbridge sous la protection du prieur Philip. 

    J'ai trouvé à l'ensemble le charme des pages rondement avalées. La lutte des bons, des pieux et des indigents contre la brutalité des despotes et les manigances des ambitieux, c'est plutôt efficace comme ressort. Au moins, cette fois, je ne me suis pas perdue. Il n'y a pas un nombre démesuré de personnages, en gros deux générations, et se sont les mêmes (ou leurs enfants) qui s'affrontent du début à la fin en deux camps bien nets, pas de surprise.

    Les femmes sont humiliées, exploitées et violées régulièrement, comme il se doit dans un roman historique qui se situe à plus de cinquante ans de distance de l'ère Macron. En alternance avec des épisodes de romance. 

    La cathédrale suit le mouvement des protagonistes, tantôt elle se bâtit, tantôt elle se fait débâtir et c'était une bonne idée. Je n'ai guère progressé en architecture, c'est ma principale doléance. 

    J'ai apprécié, je comprends le succès. Je n'irai pas lire la suite, sauf accident de bibliothèque.

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  • Nom à se coucher dehors

    nom à particules,delzongle,dust,un nouvel aspiro n'y suffira pasDust, Sonja Delzongle

    Bouh c'était hyper sombre comme thriller... et par-dessus le marché, gore.

    Je reconnais qu'en partant d'une réalité aussi atroce que le massacre des albinos en Afrique, base d'un trafic de produits d'origine humaine supposés apporter chance, bonheur, pouvoir, santé, etc., on ne pouvait guère parvenir à un résultat léger. Fallait-il en plus que l'enquêtrice principale, Hanah Baxter, soit accro à la cocaïne ? (sans que ça pose un problème à quiconque, sauf à moi).

    Hanah, profileuse,  se rend au Kenya pour aider à une enquête qui piétine : des croix tracées au sol avec quantité de sang et aucun cadavre à l'horizon. Le meurtrier en série est rapidement présenté au lecteur, qui, s'il a un peu de jugeote, obtient rapidement son identité. 

    Tout l'intérêt du roman repose donc sur ces deux enquêtes parallèles, celle du tueur aux croix de sang et celle des meurtres d'albinos. Il faut quand même avoir envie de lire des horreurs pour se lancer là-dedans. Prostitution infantile, violences, gangs, sida... 

    Si on peut parfois à l'issue d'une lecture avoir envie de voyager pour visiter les lieux, je peux sans trop m'avancer vous dire que ce ne sera pas le cas cette fois. 

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