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Tale me more - Page 4

  • Marri me

    nouveau-nom-ferrante.jpgLe nouveau nom, Elena Ferrante

    "Moi je ne pouvais que rester près d'eux et profiter de leur rayonnement"

    Je les avais laissées au sommet de l'adolescence, je les ai retrouvées lancées à pleine vitesse dans la descente. Il ne m'a fallu que trois jours pour dévorer la suite de l'Amie prodigieuse et j'y ai pris le même plaisir, à la fois avide et agacée. Car rien ne change, Lenu continue son parcours scolaire brillant, même si les difficultés s'accentuent. Lila s'engage dans le mariage comme dans toute chose, avec cette obstination hostile qui semble dire "vous allez voir si je ne vais pas trouver quelque chose pour vous pourrir la vie".

    C'est un couple très intense. Presque d'autant plus que, finalement, elles se croisent peu dans ce volume. Échangent peu. Ne se comprennent pas ou n'apprécient pas les choix de l'autre. Et malgré tout, l'une et l'autre sont étroitement liées et l'auteure arrive à nous le faire sentir. C'est fascinant.

    Pour le reste, dans le prolongement du premier volume, la réflexion sur l'imperméabilité des milieux sociaux se poursuit, ainsi que la peinture assez sombre des relations de couple, marquées par le machisme et la violence.

    "Elles avaient été dévorées par les corps de leurs maris, de leurs pères et de leurs frères, auxquels elles finissaient toujours par ressembler."

     

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  • Docteur oust

    havre des pique assiette,était en attente dans ma bibli depuis 6 ans,sarah waters,indésirable,désiréeL'indésirable, Sarah Waters

    J'ai pardonné à un roman choisi pour mes vacances, écrit par Sarah Waters, de ne pas contenir autant de romances lesbiennes que j'étais en droit de les attendre. Magnanime, je l'ai noté trois étoiles dans mon classeur.

    C'est que je n'ai pas d'autre exemple de roman fantastique contemporain. C'est admirablement fait, dès le titre (v.o. the little stranger).

    Enfant d'une modeste famille, Faraday est vivement impressionné par une visite à Hundreds, le domaine des Ayres, famille aristocrate locale. Des années plus tard, petit médecin de campagne, célibataire sans le sou, il voit ce souvenir ressurgir lorsqu'un imprévu le conduit à se rendre au manoir pour des soins.

    Il découvre alors une propriété à l'abandon, bien loin de l'image qu'il en conservait, et une famille à l'image des lieux. Un fils revenu blessé de la guerre, une mère fatiguée, une fille au physique ingrat qui porte le domaine à bout de bras, un personnel de maison décimé.

    L'atmosphère historique est très bien rendue, comme toujours chez Sarah Waters, je ne peux pas lui enlever ça. Ils sont parfaits ces aristocrates dont le déclin est d'ores et déjà consommé mais qui cachent les trous dans les moquettes, sont prêts à se priver de tout pour claquer ensuite les ressources économisées dans une fête qui n'a aucun autre but que de conserver les apparences d'une époque faste passée et qui s'accrochent à leurs pierres croulantes au lieu de lâcher le morceau.

    Les relations entre les personnages, rien à redire non plus. C'est intelligent. Sans énorme surprise mais bien mené.

    J'étais partie pour vous parler du titre et je me suis égarée... Petit à petit, le médecin multiplie les visites et l'atmosphère du manoir s'assombrit. De drôles de choses arrivent... S. Waters aime bien le surnaturel, elle nous a déjà fait le coup avec Affinités.  Ici, il n'est jamais bien facile de démêler le vrai du faux. L'indésirable n'est peut-être pas celui qu'on croit. Dans une vieille baraque isolée, qui prend l'eau de partout, que sont quelques bruits et tâches sur les murs ?

    Jusqu'au bout, le lecteur reste libre de son interprétation.
    On dirait bien que j'ai bien aimé. 

     

     

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  • Litigém

    larispem, pierrat pajot, jeu du siècle, steampunkLes mystères de Larispem, Les jeux du siècle (T2)
    Lucie Pierrat-Pajot

    Pas grand chose à dire sur cette suite. Le garçon vient s'ajouter au duo des deux jeunes filles et entre secrets et ambitions personnelles, les positions des différents protagonistes s'affirment. C'est beaucoup plus lent que le T1 qui m'avait vraiment plu - forcément, ça n'a plus l'attrait de la nouveauté. Je m'attendais à profiter davantage du grand jeu de l'oie, je suis restée un peu sur ma faim. Parce qu'il part avec un confortable capital sympathie, je vais conclure que c'est un tome en demi-teinte, pour faire grimper les enchères. Il va me falloir un final vraiment à la hauteur !

    A suivre, donc...

     

     

     

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  • Un brin de Causette

    il en reste bien encore assez des miserables,victor hugo, chemin de traverse, morne plaineLes misérables - Tome II : Cosette, Victor Hugo

    Ceci est la suite de l'article que je n'ai pas écrit sur le premier tome. Ce qui compte, c'est que j'ai tout de même fini par me lancer dans la lecture de ce monument de la littérature française et que je compte bien en venir à bout dans l'année.

    Au terme de cette seconde étape, j'en suis à peu près au même point qu'après la première : pas convaincue, pas non plus déçue. C'est un roman dont je pense qu'il serait difficile de copier le modèle aujourd'hui. C'est très dense, bourré de références érudites ou au contraire de clins d'oeil à des souvenirs privés. Il n'y a rien de plus pénible que les notes de bas de page sur une liseuse. Et comme je n'arrive pas à ne pas aller les lire toutes, je passe des plombes à tenter de cliquer sur le lien qui me ramènera à la bonne page... Tout ça pour des éclaircissements qui n'en sont pas.

    Le récit en lui-même continue de se résumer à une poignée de pages perdues au milieu de digressions de la taille d'un baleineau. Ou bien peut-être le roman est-il une sorte de caillou dans la chaussure, un truc dont on se débarrasse vite fait. Un mal nécessaire pour coudre ensemble de longues réflexions sur des thèmes variés.

    Je ne me plains pas. Je remarque. D'ailleurs je tiens à préciser que je reste sous le charme du personnage qui occupait tout le premier livre, Mgr Myriel, l'évêque. Il n'y a qu'ainsi, par la charité, le don de soi, que je peux concevoir la religion. Ce portrait était sublime et reste pour l'instant inégalé. Je n'ai pas été aussi séduite par les deux gros morceaux de ce volume-ci, la bataille de Waterloo - je n'ai jamais aimé l'histoire. Trop de dates. - ni les considérations sur la vie monacale.

    En revanche je me souviens d'un moment où j'ai été étranglée par l'émotion. C'était un jeudi soir, je rentrais à pied, il faisait nuit et sombre. Je lisais ce passage où Cosette se réfugie sous la table de l'auberge. Et celui où elle regarde la poupée, regarde jouer les petites filles chéries de la maison...

    Là, je me rends, c'est impossible de rester de marbre... c'est presque un coup bas de jouer ainsi avec mes sentiments. ça tient à ça,  un chef d'oeuvre ? A quelques pointes sublimes et inoubliables? Si vous avez une idée sur la question, ou souhaitez partager vos propres souvenirs de l'oeuvre, allez-y.

    Avant hier, j'écoutais d'une oreille un reportage, une jeune fille d'une vingtaine d'années qui racontait son enfance dans un quartier pauvre de Marseille. La décrépitude du logement, les moisissures, les rats, les cafards, le froid, l'absence de place pour faire ses devoirs et l'obligation de se replier dans les toilettes pour trouver un peu de calme. Et en plus de cela, impossible à contenir, à soigner, stigmatisante, la teigne.

     

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  • Soeur Patience

    frangine marion brunetFrangine, Marion Brunet

    Il n'y aura pas cette année d'enquête estivale au bord des piscines. En éclaireuses, début mai, nous avons eu tout le bassin rien que pour nous mais point de lecteur ni de lectrice à l'horizon. 

    A défaut, le mieux que je puisse vous offrir est une enquête sociologique : nous avons noté de nets progrès dans la prise en compte par les messieurs de la pénibilité des tâches assignées aux femmes. Ainsi, juste en face de notre emplacement, un mari qui avait déjà fait sa part en assurant la surveillance de leur petit-fils d'une dizaine d'années pendant que madame se chargeait de faire les courses a eu cette remarque, à son retour, pleine d'attention : "on va s'éloigner un peu pour la pétanque, pour pas te gêner pendant que tu fais le ménage".

    Voilà. Vous avez eu les (la seule) anecdotes et, la semaine dernière, l'article sur mon coup de cœur. Si ça se trouve, vous gagneriez à zapper les six prochains billets vacances et à revenir dans un mois. Mais ce ne serait pas bon pour mon égo. Alors pour vous garder une minute et douze secondes de plus, si vous voulez, on peut parler lecture. Encore...

    Lisez lentement, quand même, je n'ai trop rien à dire.

    Frangine. Avec un titre et une couverture pareille vous vous doutez que je l'ai pris dans la pile de ma moitié. Il parlait de famille homoparentale et juste après un coup de cœur, pour ne pas griller une cartouche, il ne faut pas se précipiter sur un roman dont on attend trop. J'ai eu du pif.

    Le frangin, qui est lui-même passé plutôt bien entre les gouttes, raconte l'arrivée au lycée de sa petite sœur et l'enfer qu'elle vit - ce dont il n'a pas conscience - quand ses camarades apprennent qu'elle a deux mères.

    Montrer que les problèmes de couple et les interrogations sur la bonne façon d'élever des enfants sont identiques quel que soit le modèle familial, c'était bien. Je vous laisse lire ce qu'en dit Solessor, sinon je vais pomper tout mon article sur le sien. Profitez-en pour lire aussi son dernier article, j'ai enfin réussi à lui faire découvrir Winterson !

    J'ajoute simplement qu'une fois écartée cette problématique de l'homoparentalité, traitée avec beaucoup de réalisme, le roman contenait un autre message un peu inhabituel, à propos du statut de la victime et de sa capacité à toucher le fond toute seule dans son coin, même si l'entourage est aveugle et à trouver des ressources en elle-même pour rebondir. Je ne sais pas trop ce qu'il faut penser de la méthode. Parfois oui. Parfois ça finit mal, non ?

    Enfin ce n'est pas présenté du tout comme une méthode, bien sûr !! C'est une impression personnelle et diffuse. En tout cas j'ai senti qu'à un moment, les lesbiennes de mères n'étaient plus qu'un thème secondaire et que le coeur du sujet n'était peut-être pas où j'avais pensé le trouver au départ.

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