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Tale me more - Page 4

  • Louchébems doubles

    Finis les lerdemuches, Les mystères de Larispem : L'elixir ultime (T3)

    Déçue par la lenteur du deuxième tome, j'attendais celui-ci au tournant et ouufff, il est quasi à la hauteur du premier ! J'ai retrouvé le plaisir de suivre la mécanicienne (dans de biens mauvais draps), la bouchère qui fonce tête baissée pour l'aider et l'orphelin plein du sens du sacrifice.

    C'est tout à fait ce que j'aimais lire petite, c'est plein de rebondissements, de chouettes personnages et d'histoires étranges autour de ce fameux sang qui permet de soumettre la volonté d'autrui.

    Pas mal écrit du tout, comme les précédents.

     

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  • Harry Potter et l'enfant maudit

    fan fiction par l'auteur,fils de,on prend (pas) les mêmes et on recommence,enfant maudit,rowling and co,ou co and rowlingHarry Potter et l'enfant maudit, Rowling, Thorne and Tiffany

    En voici un sacré Sang-Mêlé de récit... fruit hybride d'éléments bien connus et de chemins de traverse. Je me doutais bien que ça me serait un peu inconfortable, une suite à Harry Potter. D'autant plus qu'elle n'est pas de la seule plume de Rowling et qu'elle prend la forme d'une pièce de théâtre, d'où une grande frustration liée à l'efficience du genre. On ne s'étend pas dans une pièce comme on peut se le permettre dans un roman (et que dire d'un roman en 7 tomes, où l'on s'étend aussi douillettement que dans mon canapé un soir d'hiver).

    Je ne suis pas restée insensible, Harry Potter est une sorte de fil rouge très particulier dans l'histoire de mes lectures, non seulement la saga me plaisait beaucoup, dès le début, alors qu'elle n'avait pas encore explosé en notoriété. Mais elle est revenue à plusieurs moments, depuis, sans forcément que je relise, à travers les films, les partages qui ont eu lieu.

    Alors ça fait quelque chose, de "replonger". ça a beau être un terrible gâchis, de tout bâcler comme ça, en une poignée de pages qui n'auront pas la même portée, la même charge émotionnelle... je ne peux pas nier que ça active quand même le réseau. Comme les vieux vaisseaux de S.F., échoués, enfouis, poussiéreux, épaves qui s'allument pourtant encore une fois passé un petit coup de manche de veste sur un écran.

    C'est encore une histoire de fils. Je viens seulement ce soir de me rendre compte que ce sont avant tout, depuis longtemps, des histoires d'hommes et de fils. Il y a Hermione, mais il n'y a qu'elle. Et d'ailleurs elle n'est pas fille. Elle est comme sortie du Néant. Harry est l'incarnation du fils. Il n'est quasi que cela. Et Ron est fils aussi, d'une autre forme de famille, celle qui aurait pu être, nombreuse, affectueuse. Le pendant de l'orphelin isolé. Autour, des histoires d'homme : Dumbledore, Rogue, Voldemort. C'est très masculin et très intéressant je trouve, mais à 22h22, on ne va pas plus loin.

    L'enfant maudit se construit autour de la révolte d'un des fils de Harry, de sa difficulté justement de se construire avec un père aussi célèbre, un modèle aussi imposant, qui occupe autant d'espace. L'amitié joue un rôle tout aussi important.

    C'est  à la hauteur de la saga initiale, cette question d'identité. Comme vous l'aurez compris, ce n'est pas tant le sujet de la pièce qui me laisse sur ma faim que sa forme.

    Bon, c'était bien, quand même, je n'ai pas boudé tout du long!  Sans en avoir jamais lu, c'est l'idée que je me fais d'une bonne fan-fiction.

    Et j'ai senti dans le texte le spectacle génial que ça doit être, la foultitude de décors, le côté grandiose. C'est conçu comme ça, pour le spectacle.

    Petite pensée pour les théâtres...

     

    Un titre demain si j'en trouve un

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  • Who est Charlie ?

    une machine comme moi, couverture, Ian McEwan, mac ewanUne machine comme moi, Ian McEwan

    Voici un livre qui aurait eu toute sa place dans mon année à thème "Intelligence artificielle" , tant il décline avec application les multiples questions qui se posent avec l'essor de l'IA, en particulier celles liées à la morale.

    Mais ces interrogations contemporaines sont habillement transposées dans une uchronie. En effet, c'est en 1982 que Charlie achète son "Adam", androïde qui ressemble à s'y méprendre à un humain. Tout ceci rendu possible à cause d'une infime variation : Alan Turing, génie précurseur de l'informatique et de la théorisation de l'IA n'est pas mort. Il ne s'est pas suicidé avec sa fameuse pomme au cyanure. Tout a donc été plus vite dans le monde de Charlie. Quelques autres uchronismes se glissent dans le récit, par exemple l'issue de la guerre des Malouines n'est pas la même.

    Voici pour le cadre. Quant à l'intrigue, à quelques composants électroniques près, c'est une bonne vieille histoire de triangle amoureux. Charlie en pince pour sa voisine du dessus et le nouveau locataire à rallonge, tout presque-humain qu'il est, ne manquera pas de l'imiter. Ajoutez pour le suspense que la demoiselle a ses petits secrets...

    Le roman est tout de même plus riche que cela, l'IA n'est pas qu'un détail. C'est très intéressant sur le plan de la morale, des choix comme ils sont faits par les humains, comme ils le seraient par un émulateur de conscience au terme d'arbitrages et de pondérations diverses qu'au fond, notre conscience fait aussi, mais de façon plus opaque.
    Je ne veux pas trop en dire mais c'est très réaliste, bien documenté. Un essai de vulgarisation scientifique glissé dans un roman.

    J'ai manqué un peu d'éléments de surprise, je dois dire. C'est assez personnel, le roman est bon, simplement j'ai lu sur la questions le même genre d'articles que l'auteur, on dirait et j'aurais bien aimé un petit quelque chose de plus. Un angle nouveau.

    Finalement, mon coup de cœur est pour le titre, pour son ambiguïté que je n'avais pas sentie au début. C'était forcément Charlie, le "Moi". Mais plus j'avançais dans ma lecture, plus il m'apparaissait évident que c'était celui d'Adam. Adam qui s'interroge, Adam qui cherche à comprendre ce que ça peut bien être, une machine comme lui.

    Ce n'est pas le Ian McEwan d'Expiation, mais on s'en rapproche !

     

     

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  • Chili con charnier

    condor-ferey.jpgCondor, Caryl Ferey

    Glauque à souhait, sans surprise, c'est un peu la patte de l'auteur...
    Santiago, Chili, de nos jours. Dans un quartier rongé par la pauvreté, les cadavres d'enfants succèdent les uns aux autres, sur fond de trafic de drogue. Aux commandes de l'enquête, un jeune avocat aristocrate désabusé, une étudiante en cinéma lesbienne repentie et caméra au poing, et un ancien activiste passé par la torture. 

    Pas trop mon genre ces thrillers sombres et violents, construits sur un malheur bien trop réaliste. Ce ne sont jamais des enquêtes écrites pour nous tenir en haleine avec un rebondissement presque à chaque page. Non, c'est juste triste, poisseux de misère humaine. 

    Je me suis raccrochée à ce qui me fait tellement défaut : un peu de culture historique. Puisque tout tourne autour du passé du Chili et des échos persistants de la dictature de Pinochet, c'était l'occasion d'une grosse révision.

     

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  • Au vieux camp peur

    vingt cinquieme heure, camps de concentrationLa 25e heure, Virgil Gheorghiu

    "La vingt-cinquième heure, dit Traian. Le moment où toute tentative de sauvetage devient inutile. Même la venue d'un Messie ne résoudrait rien. Ce n'est pas la dernière heure: c'est une heure après la dernière heure."

    Aussi dérangeant que fascinant, voici l'avant-dernier titre de la sélection de notre club de lecture, après quoi j'aurai lu les coups de cœur de chacun·e, sans exception. J'étais prévenue, c'est en effet "plombant", pour reprendre l'expression de celles qui l'ont lu avant moi.

    1939, Roumanie. Le malheureux Iohann Moritz, est embarqué comme juif alors qu'il ne l'est pas. C'est seulement le petit chefaillon du coin qui pense en profiter pour se taper sa femme. Commence alors pour Moritz un périple insensé, qui fait penser à un roman de Kafka, puisqu'il sera toujours vu, partout, de camps de travail en camps de concentration, comme celui qu'il n'est pas. Faux juif, évadé en Hongrie il passe pour un espion roumain, puis auprès des allemands pour un aryen des plus purs, auprès des américains pour un SS. Tour à tour prisonnier ou geôlier, évadé, enrôlé, enfermé, marié, embauché, manipulé, torturé et surtout incessamment déplacé, mais jamais reconnu. Jamais identifié.

    D'ailleurs, qui est vraiment Iohann Moritz ? C'est un peu ce qui échappe à notre lecture. Une sorte de benêt placide ? Une allégorie de l'impuissance ? Un pion entre les mains de la destinée ? Une figure qui illustre une théorie ? Un simple paysan roumain aspiré par le tourbillon de l'Histoire ?

    Ce triste récit d'une décennie perdue par un homme, une décennie de souffrance pour rien, sans autre raison que le bref éclat de concupiscence d'un petit officier de police locale se mêle à un autre récit, ou plutôt à une autre présence, celle de Traian fils d'un prêtre orthodoxe, écrivain visionnaire, obsédé par sa 25e heure et par ce qu'il nomme "la société technique", dérive de l'humanité qui, en s'accoquinant avec les machines, efface et oublie les individus, êtres singuliers, pour ne plus considérer que les étiquettes qu'on leur colle et les catégories dans lesquelles on les range.

    Moritz est ainsi - peut-être, c'est moi qui le propose - son personnage en acte. Son exemple vivant. Son témoin.

    "Les pays civilisés voient les choses en grand. Ils ne s'occupent pas des cas individuels."

    "Les hommes peuvent dompter toutes les bêtes sauvages. Mais, depuis quelque temps, une nouvelle espèce d'animal est apparue sur la surface du globe. Cette espèce a un nom : les Citoyens. Ils ne vivent ni dans les bois, ni dans la jungle, mais dans les bureaux. Cependant ils sont plus cruels que les bêtes sauvages de la jungle. Ils sont nés du croisement de l'homme avec les machines."

    "Tout simplement nous ne sommes pas. Nous existons seulement en tant que fractions infinitésimales d'une catégorie."  

    Il y a des passages incroyables, des bijoux d'absurdité argumentative, sous la plume de Traian. J'aurais aimé connaître ce livre quand j'enseignais encore. Ou bien ç'aurait été une erreur de l'aborder (cf. ci-dessous).

    Quand je l'ai refermé, je me suis demandé ce que je venais de lire. Est-ce que c'était un texte connu ? Je ne suis pas très calée en littérature des pays de l'Est. J'étais encore captive de ce souffle étrange et je cherchais - je cherche encore - le bon qualificatif. Pas épique, mais illuminé. Un mot en rapport avec l'extase, mais dans une version sombre. Une sorte de transe, de prêche. Comme si l'auteur était fou, habité.  Je sentais que je venais de lire une œuvre dont je me souviendrais longtemps.  Mais difficile à partager. Trop sombre.

    Surtout, j'étais incapable de dater le texte, moderne à travers Traian, narration plus traditionnelle avec Moritz. Cette histoire d'hommes asservis par les machines... avait-elle été écrite en 2020 ou 1960 ? Je penchais pour 2020 ... et j'ai perdu.
    Roman de 1949 !  A chaud. J'ai lu un morceau de la biographie de l'auteur, il a mis de son existence dans le roman c'est indéniable. 

    1949, quand même... De quoi être sombre. 

    Et puis j'ai lu qu'il y avait autour de Gheorghiu une odeur de souffre. Des soupçons d'antisémitisme. ça m'a fait mal au cœur. Je suis à la fois déçue et surprise. Je n'avais pas senti ça dans le roman. Tout et tout le monde m'y a semblé aussi écrasé, malmené, condamné, les communistes comme les occidentaux ou les allemands. Tous également dans l'erreur. Tous si proches de la 25e heure et du non-retour. J'ai lu que c'était justement ça le problème, ce pied d'égalité. Ce qui s'entend.

    J'en reviens au début. Aussi dérangeant que fascinant, etc.

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