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Morgue - Page 3

  • Worst trade center

    élément perturbateur, chantraine, roman feel-goodUn élément perturbateur, Olivier Chantraine

    Le bonhomme est cerné assez tôt. A peu près au moment où il se lamente sur le prénom que ses parents lui ont choisi (Serge). Alors que sa sœur s'appelle Anièce quand même !! Cet égoïste de 40 ans vit chez ladite sœur, qui lui prépare depuis toujours ses mouillettes au petit déjeuner. D'ailleurs, s'il se lève un peu trop tôt et qu'il y a autre chose à faire avec la cafetière qu'appuyer sur le bouton, il retourne au lit faire semblant de dormir en attendant que ça se fasse tout seul. Et hors de questions pour la sœur d'avoir une vie privée.

    Il travaille dans une boite qui monte des plans tordus pour proposer à des billets de banque un peu de tourisme en passant surtout par de petits pays (Suisse, Luxembourg) et par des îles avec un nom d'animal à sac à main. Poste obtenu grâce à son politicien de frère, ministre des finances. L'intrigue démarre quand il se trouve mêlé à une magouille un poil plus louche que d'ordinaire et qu'il fait tout capoter. Pour vous résumer, ce grand dadais hypocondriaque et occasionnellement aphasique, se prend pour Besancenot au pays du Medef et traverse la vie d'un pas nonchalant et nombriliste.

    Comme Laurel ne va pas sans Hardy, il ne tarde guère à former un duo de choc avec sa collègue, la sexy (j'ai oublié son nom et l'étagère est trop loin). Celle-ci souffre visiblement elle aussi d'un désordre psychiatrique. Elle est normale une minute, c'est à dire aguicheuse de première, chaude comme une bouillotte, une collègue féminine standard quoi, et trois secondes plus tard pour peu que le patron passe dans le couloir ou pire, si le frère ministre est évoqué, elle se transforme en une arriviste forcenée prête à piétiner quiconque se place en travers de son futur poste aux States. Le pauvre Serge passe du sauna à la douche froide toutes les cinq minutes.

    Il n'y a presque pas de clichés dans ce roman. De clichés absents de ce roman, my bad, j'ai oublié un mot. Mais vous savez comme je suis magnanime et comme je m'adoucis quand on respecte la diversité de la société. Et là je dois bien dire qu'il y a du lieu commun pour tous les goûts, personne n'est lésé :  le mec qui remonte son pantalon dès qu'il a joui, le politique véreux, la sœur vieille fiche moche et dévouée qui finit par se rebeller, le toubib mi-charlatan aux plantes, la femme d'affaire aux dents longues, le brave comptable terne, le pdg de province qui se prend pour un cow-boy, le requin de la finance au coeur de midinette. Cerise sur le gâteau, pour un rapport sexuel hétéro sans préliminaire à cheval sur une photocopieuse, une sodomie gay dans des toilettes publiques offerte.

    Le pire c'est que c'était désolant, mais marrant.

     

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  • Comme un boomerang

    dernier continent, pratchett, couverture, pocketLe dernier continent, Terry Pratchett

    Puisque j'honore mes engagements, y compris quand le titre choisi est le seul de la liste sur lequel je n'ai rien à dire...

    Et pour cause, je suis passée à côté de 92,7% des références. Grâce au kangourou, j'ai compris que ce volume des annales du disque monde émettait ses clins d’œil depuis l'Australie.

    Rincevent y vit dans un trip hallucinogène. Dès qu'il a faim il soulève un caillou et il trouve des sandwiches ou des plats cuisinés... On l'accuse de voler des moutons. Ses collègues de l'université se pointent en croyant aller à la plage. Le bibliothécaire se transforme en canapé quand il éternue. Les dessins rupestres prennent vie. Un dieu créateur se fatigue pour rien car il n'a pas encore découvert la reproduction sexuée ni le darwinisme. A la fin on espère que le monde sera sauvé d'un danger pas bien identifié.

    C'est à peu près tout. Que faire face à une parodie dont on n'identifie pas les sources ? On sourit bêtement d'un air entendu et on tourne vite vite la page. Pourtant dans la série, en général, les romans avec Rincevent sont les meilleurs. Dommage, il me manquait sûrement des clés de compréhension.

    Ah ! Si ! Même si je ne l'ai pas revu depuis des années, quand même, j'ai repéré la parodie de Priscilla folle du désert !

     

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  • Le coeur régulier

    dépresseur naturel, pour broyer du très noir, livre de deuil, coeur régulier, olivier adamLe coeur régulier, Olivier Adam

    Si je ne l'avais pas trouvé en livre audio, il ne serait jamais sorti de ma liste, j'avais comme un instinct d'éloignement pour ce roman. Si je devais le définir, je le classerais dans les livres de développement personnel. Pas de ceux qui te donnent de bons conseils pour vivre le jour présent et croquer la vie avec optimisme, mais de ceux dont on peut avoir besoin en pleine période de deuil. En abuser en dehors de ces graves circonstances me semblerait dangereux.

    Je n'ai pas pu écouter plus de 2 pistes d’affilée sans me sentir terriblement abattue. C'était lugubre d'un bout à l'autre. Une femme qui ne s'épanouit plus ni dans sa vie pro ni dans sa vie perso reçoit le coup de grâce avec le suicide de son frère. Elle quitte alors mari et enfants pour partir au Japon, sur les traces de celui-ci, dans une ville connue pour ses nombreux suicides et dont son frère, lui, était revenu, sauvé in extremis et temporairement un peu plus heureux. Avant une rechute fatale.

    Le livre sonne juste. Même si vous n'avez pas connu la dépression ni eu de pensées suicidaires, vous en aurez là un bon aperçu. Quant à la perte du frère, dans les inquiétudes ressassées par la sœur, dans sa manière de s'interroger sur sa responsabilité et, surtout, dans la manière de le décrire, de l'idéaliser jusque dans ses défauts j'ai reconnu quelque chose des rares propos tenus par ma mère sur son frère, décédé de la même manière et que je n'ai pas connu.

    Trop rien d'autre à dire sur le style. Je n'ai rien aimé du contexte, du Japon, des personnages... C'était pesant, angoissant. Public très ciblé. 

     

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  • La tête dans le bocal

    Premiers flocons ce soir, coincidence, feel-good, valeur sûre pour positiver, trajectoire poissons, Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szalowski

    Opération "Vidange de PAL" oblige, on risque de voir passer d'étranges choses sur ces pages dans les semaines et mois à venir... A commencer par ce titre qui est ce qu'on nomme un"roman feel-good".

    C'est construit comme un téléfilm de noël.  Au centre un petit garçon qui apprend que ses parents vont divorcer et qui demande au ciel de l'aider. Après quoi une tempête de neige arrive, le destin de tous les habitants de l'immeuble est bouleversé et il se pense exaucé. Autour de lui, un bon copain, une call-girl qui soupire après l'amour, un veuf déprimé, un savant à l'accent slave tellement obnubilé par ses poissons et son thermomètre qu'il ne voit pas la paire de seins sous ses yeux, une directrice qui glisse sur les fesses et autres drôles de gus à problèmes.

    C'était gentillet.

     

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  • Freedom

    freedom, franzen, oiseaux, couvertureFreedom, Jonathan Franzen

    Long calvaire que ce roman. Il était sur ma liseuse depuis des années, je ne sais plus à quel moment ni pourquoi je me suis persuadée que c'était une valeur sûre. Je suis d'autant plus déçue que le livre n'est même pas mauvais. C'est un roman américain tout ce qu'il y a de plus classique. Un peu de politique, un peu d'histoires de famille, un ton railleur. De bons ingrédients.

    Université. Patty tombe amoureuse de Richard, un jeune musicien, mais n'ose rien tenter et finit par épouser le meilleur ami de celui-ci, Walter. Le type même de l'Homme Bon : gentil, tempéré, attentionné, fidèle.
    Des années plus tard, ils ont deux enfants qui entrent dans l'âge adulte.

    J'ai presque tout dit du livre. A aucun moment je n'ai espéré quelque rebondissement que ce soit. Dans ce livre, même quand quelqu'un meurt ça ne fait pas un frisson à la surface de l'eau. C'est un long récit de vie mélancolique. Où l'on s'inquiète de voir les enfants s'éloigner. Où l'on s'interroge sur son conjoint. Où l'on continue d'avoir envie du rockeur, mais si ça devait arriver, on regretterait le gentil mari.

    C'est déprimant de réalisme et d'un bout à l'autre j'ai compté les pages en m'interrogeant sur le sens d'un récit qui ne ne pousse ni à se détendre, ni à réfléchir, ni à agir, ni à rêver.

    Il y a pourtant tout un message satirique sur la politique environnementale étasunienne puisque le gentil Walter, pour protéger les oiseaux, finit par se convaincre qu'il faut exploiter à fond toutes les zones encore préservées. Ainsi, après, quand il n'y a plus rien à extorquer à la terre, on lui fout la paix et les oiseaux reviennent... Imparable raisonnement.

    Quant au fils, il se fait happer dans une magouille autour du lucratif business de la guerre.

    C'était pourtant un récit engagé... dont je n'ai rien aimé. Suivant.

     

     

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