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Morgue

  • Un dimanche à ne rien faire

    au commencement du 7e jour,luc lang,ushuaia en afrique,ushuaia dans les montagnes,ushuaia à la plage,ushuaia au bureau,et je ne porte pas non plus de nuisette,vous aussi vous vous laissez emporter par votre imagination,n'en déduisez pas que je préfère les colliers à pointes au tri dAu commencement du septième jour,

    Luc Lang

    Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous résumer l'histoire, je vais vous recopier ce qu'on trouve au dos du livre et qui a motivé ma sélection pour ce dernier partenariat Folio 2017.

    "4h du matin, dans une belle maison à l'orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend que sa femme vient d'avoir un très grave accident, sur une route où elle n'aurait pas dû se trouver.

    Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu'il incarne, époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d'abîmes sous ses pas. "

    abby-hulot.pngAlors, d'après vous, on vous vend NCIS là, ou Ushuaïa ?

    Je sais : j'ai beaucoup d'imagination et je prête facilement aux autres des intentions qu'ils n'ont pas. Mais quand même, bon sang !

    "4h du matin", "le téléphone sonne", "grave accident" : déjà, je m'attends à un truc un peu pêchu, une entrée véloce dans le roman, un rythme soutenu pour la suite. 622 pages, quand même, faut maintenir le lectorat en éveil.

    "une route où elle n'aurait pas dû se trouver", "enquête sans répit', "lutte entre la vie et la mort", "secrets de famille" : certes, ce n'est pas un thriller. Mais un peu quand même alors? ça tombe bien j'adore le suspense et les histoires de famille.

    Sans vouloir rien dévoiler de mon identité sexuelle secrète*, j'ai mes préférences. Si Hulot vient dîner, pas de problème, je fais des pâtes, on discute vente en vrac et fin du diesel. Mais si j'attends Abby et que j'ouvre la porte sur un type mal rasé avec le pull couvert de poils de yack, c'est sûr, je vais faire la tête. Et me sentir très con en nuisette.

    Le début du roman collait à peu près au programme, sur une centaine de pages environ. Ensuite, c'est devenu très contemplatif, accompagnant la morosité du mari dans de longues promenades en montagne, dans les visites répétées à son frère berger, au bureau avec son vilain patron, puis finalement dans un périple en Afrique. Je ne peux pas dire qu'il ne s'est rien passé pendant 500 pages. Mais rien passé de ce qui m'aurait plu, oui.

    Je ne comprends pas bien, d'ailleurs, car il y a un vrai public pour ce genre de récits, doux, poétiques, qui opposent le bruit perpétuel de la ville, la dureté du monde de l'entreprise au retour à la terre, à la famille, à l'essentiel. C'est un bon livre je pense. Mais je voulais Testament à l'anglaise de Jonathan Coe et j'ai eu Le goût des pépins de pommes de Katharina Hagera.

     

    Pour m'assurer de mettre fin à cette série noire, j'ai décidé de commencer 2018 par une relecture, celle de Pourquoi être heureux quand on peut être normal de Jeanette Winterson. J'en ai déjà lu un tiers hier avant de dormir et si tout dans l'année pouvait m'apporter ce plaisir là, ce serait le paradis sur terre. Ensuite j'essaie Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquista.

    Voilà pour le programme. A votre tour, que trouve-t-on sur vos étagères et tables de nuit pour les prochaines semaines ?



    * Je tiens à préciser qu'ayant été sensibilisée à la question récemment, il aurait été plus correct d'employer ici "orientation sexuelle" pour ne pas entretenir l'amalgame fréquent avec l'identité de genre mais que ça ne m'arrangeait pas dans la phrase.

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  • Pas mon dada

    Si vous sortez d'un repas de réveillon aux contours temporels flous, qui vous a donné l'impression de n'avoir pas quitté la table depuis trois jours, sauf pour laver les assiettes, si vous avez les oreilles qui sifflent - pour une fois ce sont les enfants qu'on entendait le moins - si vous avez laissé échapper, l'alcool aidant, des secrets de famille vieux de trente ans, si vous avez lâchement abandonné les vôtres avant le sanglier sous le prétexte fallacieux d'un 39 de fièvre, si vous avez eu des pensées tendres pour les amis perdus et envoyé des sms imbibés au rhum regrettés au petit matin, ou regretté au petit matin de n'avoir pas osé le rhum pour envoyer ce sms, si vous vous êtes endormi à 22h50 en bavant sur les coussins du canapé, si vous avez trinqué à l'heureuse absence de votre mère - quel soulagement, elle est coincée dans une congère pour au moins 24h mets-lui des figues de côté quand même - si vous avez sérieusement pensé à refermer le congélateur sur Kiki, le Yorkshire de Tatie en train de lécher la bûche glacée, si vous avez moqué l'indéniable réussite professionnelle du voisin sous prétexte qu'il pratique tout nu, qu'il vénère la Terre-Mère et qu'il sait exactement où trouver une prostate, et qu'avec tout ça, vous passez ici dès le matin du 26, c'est mérité, c'est pour vous :

    Joyeux Noël !

     

    Fin des réjouissances. Je dois malheureusement dire aussi un mot de mes lectures.

    cheval-soleil.pngLe cheval soleil, Steinunn Sigurdardóttir

    Je commence par un coucou, une bise, un sourire, ce que vous voulez, ce qui vous fait plaisir. Tenez bon, je vais faire vite. Et pensez que moi, j'ai dû le lire !! Et aller chez le dentiste.

    Je pensais vous faire discrètement une nouvelle couverture, un rapide montage, un cheval sur un fond de prairie joyeux, et un gros soleil bien jaune, bien brillant mais parfois, mentir n'est pas la solution et plus je regarde cette fille plantée seule sous ce ciel gris, plus je me dis qu'on est bons là. On touche plus à rien. De toute façon il n'y avait pas cheval dans l'histoire. Ni de soleil.

    Rien qu'une gamine dont les parents médecins sont occupés, elle se débrouille avec son frère. La nounou est partie, elle est adulte quand elle raconte. Il y a aussi un gars dont elle a été amoureuse. Et une sdf suicidée.

    Voilàààà ! C'est fini, je vous libère. Désolée. Cette liste de lecture commence à me poser de sérieux problèmes, il faudrait que j'aie le courage de l'effacer et reprendre à zéro.

    Les articles à venir sont à peine moins sombres et plus violents. Vous revenez quand même demain ?

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  • La morgue lui va si bien

    Contes_crimes_dubois.pngLes contes de crimes, P. Dubois

    J'ai dû entendre vanter ce livre dans ma précédente vie, cette vie de prof, celle où l'on me répondait quand je posais des questions...
    Les contes de fée étaient à la mode, Perrault faisait un petit tour au Bac et les "réécritures" hantaient déjà le programme (et continuent sans doute). Jamais trop compris ce concept du "réécrire", comme si un texte pouvait sortir du néant ou, au contraire, comme s'il fallait bénir les fainéant.e.s qui commencent où finit le travail d'un.e autre.

    Pour faire la garniture d'un conte de crimes, prenez un conte de Grimm (ou autre - malchance de malchance, Peter Pan a réussi à se glisser dans le lot, et je l'ai encore moins aimé que celui de Barrie) et videz toute une bouteille d'hémoglobine, opérez une translation temporelle vers un contexte contemporain puis ajoutez des motivations assassines à un personnage sur deux.

    Pour ce qui est de la sauce stylistique, toute en tournures qu'une église baroque accuserait de surenchère, je ne commente pas, c'est une question de goûts, ils sont tous dans la nature. Mais si vous aimez, ne vous invitez pas à ma table vous seriez déçu.e.s

    Le résultat ne manque pas de piquant, si on aime croquer des machins sanguinolents.

    Je vous ai gardé le meilleur pour la fin : au centre du plat, la plâtrée indigeste de misogynie. Pas une femme n'échappe à ce choix cornélien : voyons, je préfère être une criminelle qui ne rêve que d'assassiner, tromper, voler ou bien la femme d'un homme qui travaille pour subvenir à mes besoins, en échange de quoi il est en droit d'attendre du sexe ? 
    Comme il n'est pas bon de frustrer une femme, laquelle pourrait sombrer dans l'hystérie, vous pouvez prendre les deux options.

    Vous l'aurez compris, la prochaine recommandation de cet ouvrage ne passera pas par moi!

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  • Accidents de parcours

    dérapages-thiéry.pngDérapages, Danielle Thiéry

    Un roman policier déroutant. Comprenez que je me suis rapidement retrouvée hors piste... Un suspense inexistant, une écriture chaotique, un thème central survolé. J'annonce tout de suite la couleur pour ceux qui ne veulent pas perdre leur temps : tout mon article ne sera qu'une succession de critiques.

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  • La Pause s'impose

    ete-hommes-hustvedt.jpgUn été sans les hommes, Siri Hustvedt

    J'ai encore pris un retard monstre dans mes notes de lecture... La faute aux travaux qui reprennent sur i-francais. J'ai deux ou trois livres en cours et je m'amuse déjà de ce que je vais pouvoir tirer d'un certain recueil de nouvelles dont la lecture touche à sa fin (dieu merci).

    Mais en attendant, il faut bien que je fasse un sort à celui-ci. Quelle déception! Pourtant, que de points communs avec Un Monde Flamboyant, lu il n'y a que quelques mois et adoré.

    A nouveau, une femme artiste, à nouveau une femme vieilissante, qui se retrouve seule, mari parti, enfant grandi et s'interroge sur sa vie et sur ce que peut encore lui réserver l'avenir. On retrouve bien sûr la thématique de l'art. Tout ce que j'avais aimé est là. Mais une recette ne se limite pas à sa liste d'ingrédients, hélas ! 

    Que c'était mélancolique... Et monotone, surtout. Rien ne se passe. Le mari de la dame est parti courir des jupons beaucoup plus frais : "La Pause", comme la surnomme l'épouse abandonnée, laquelle a fait une grosse dépression avec hospitalisation. Elle n'aspire plus qu'à prendre un peu de distance. Retour aux sources, à la campagne pour animer un atelier d'écriture poétique. Toutes ces jeunes filles... D'où l'impossibilité d'éviter de comparer, de se revoir à cet âge, de se retourner sur le chemin parcouru.

    Et encore des femmes : celles qui entourent la mère de la narratrice, dans leur résidence pour personnes agées. Les octogénaires ont la pêche, elles, au moins. Prennent les choses avec désinvolture et distance. L'une d'elle dissimule au dos d'ennuyeux travaux de couture, broderie et cache-théière en points de croix des scènes osées, érotiques ou sulfureuses, polémiques, provocatrices. C'est mon détail préféré. Comme dans Un monde flamboyant, le message artistique est caché, seules son auteure et quelques complices initiées peuvent s'amuser de leur double sens.

    Je n'oublie pas la voisine (mari toujours sur la route), débordée avec les enfants.

    Des tonnes de femmes et pas le moindre coup de coeur...

    C'est beau et bien écrit pourtant. Tendrement intimiste. Je n'ai peut-être pas trouvé ma place dans ce carnet de pensées d'une femme mûre.

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