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Pédiatrie

  • Note de calcul

    problèmes, math, gueguenRésolution de problèmes arithmétiques, Kévin Gueguen

    J'ai l'envie d'enseigner qui me gratouille en ce moment et comme je ne dispose plus que d'un unique cobaye, je le bichonne. Ce petit est un calculeur fou... ça, pour calculer, il calcule. Et tout de tête. Et souvent plus vite que moi. Mais à tort et à travers, n'importe quel nombre du problème avec n'importe quel autre qui passe par là et qui a une bonne trogne. Le tout en nourrissant une sourde méfiance à l'égard de la soustraction... Alors, de préférence, dans le doute et par défaut, il additionne. Ce qui est malheureusement un peu trop monomaniaque pour le brillant destin que sa mère lui prépare.

    C'est en cherchant à l'aider que je suis tombée sur ce document*, assez intéressant pour que j'en lise un petit bout à chaque pause déjeuner. Pour vingt pages, vous n'en auriez pas entendu parler, mais avec plus de 400, je trouve qu'il mérite de figurer dans mes lectures de l'automne.

    L'auteur explique qu'il s'inspire d'une catégorisation précédemment effectuée par M. Vergnaud - travail que je ne connaissais pas - et qu'il apporte diverses modifications, commente, analyse afin de proposer une typologie des différents problèmes arithmétiques que les enfants sont amenés à rencontrer à l'école primaire.

    A l'exception de la catégorisation des problèmes et de toutes leurs déclinaisons possibles (vraiment utile) j'ai particulièrement apprécié ses positions pédagogiques. L'intérêt collatéral de l'étude est de coller une paire de baffes à quelques concepts à la mode et dont l'auteur démontre, études scientifiques à l'appui, que ça ne profite à personne. Par exemple le pseudo travail de groupe. Certes les îlots sont jolis, les élèves ont l'air de s'impliquer bien mieux qu'avec un cours magistral. Mais au final, seul celui qui a déjà tout compris bosse, le dernier du peloton se contente de noter la réponse sur sa propre feuille. En prennent aussi pour leur grade : la manie de vouloir que tout soit un jeu à l'école, les problèmes ouverts et le fait de laisser l'élève être un chercheur. Pour les mêmes raisons, ça ne profite qu'à l'enfant qui est déjà outillé et ça enterre les autres.

    L'auteur est sincèrement préoccupé de faire progresser les plus faibles. Pour eux, rien ne sert d'enchaîner des problèmes, d'en faire cinq, dix, ou cinquante. La progression sera minime. Il faut donner aux plus faibles les méthodes pour dégager les structures répétitives des problèmes. Apprendre à résoudre.

    Je renvoie à la page 231, qui chiffre (c'est la traduction d'une étude qui n'est pas la sienne) les bénéfices de toutes les modalités d'enseignement (en présence, à distance, sur ordi, en groupe, en coopération, en compétition,enchaîner les exercices, enseigner les méthodes, ...) afin d'en comparer les mérites. Sachant que selon l'âge, bien sûr, les modalités les plus adaptées ne sont pas les mêmes.

    L'idée est de bâtir une grammaire schématique pour identifier ces structures. Forme carrée pour les valeurs fixes, ronde pour les transformations etc. Je n'adhère pas à tout, j'ai fait quelques petites modifications perso, j'ai commencé à tester ça la semaine dernière, on verra bien !

    Sur ce, je retourne à ma lecture non moins passionnante et plus traditionnelle. Un bon roman S.F. qui est presque fini.

    *Le document (et les fichiers d'exercices pour les élèves) sont sous licence creative commons et donc accessibles librement sur ce site.

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  • Sur un petit nuage

    terre de brumes cindy van wilder.jpgTerre de brume - Le sanctuaire des dieux, Cindy Van Wilder

    Nous sommes vraiment à la frontière de ce que je peux écrire ici... Pire que les auteur·es non-décédé·es, voici les auteur·es non-décédé·es qui échangent régulièrement avec une personne que je connais. Je me demande comment font les journalistes, les chroniqueurs d'émission, pour émettre un avis sur un bouquin dont ils rencontrent l'auteur·e... ça me paralyse et pourtant je ne la connais pas personnellement, je ne l'ai que croisée.

    Dans ces moments-là, je me sens hyper mal à l'idée de tous ces livres dont je me suis allègrement moquée sur ce blog. C'est quand même autre chose que de discuter d'un roman entre amis pendant un dîner. S'il y avait la moindre chance qu'un·e auteur·e me lise, j'édulcorerais tout, c'est évident.

    Bref (j'essaie d'user parcimonieusement du "bref", mais souvent, il s'impose).

    C'est un roman jeunesse. Il part donc avec un handicap. Mais c'est aussi l'auteure de La Lune est à nous, le roman le plus bienveillant et réconfortant de mon année... Jusqu'à un éventuel prochain roman contemporain queer-friendly, convenons ensemble que ses autres œuvres seront de toute façon moins à mon goût. Sur cette échelle secondaire, Terre de Brume arrive en tête, devant Memorex, que j'avais trouvé décevant.

    Je commence par les points positifs. C'est un univers très attirant, un imaginaire qui me parle. J'aime ce doux cataclysme qui prend la forme d'une épaisse nappe de brume venue recouvrir et empoisonner un monde entier, ne laissant que quelques survivants, sur des îlots émergés. L'image me plaît. Émotionnellement, c'est équilibré, c'est assez proche du conte dans la structure, avec ce motif des parents morts, disparus, ou non-mentionnés, qui  placent en quelque sorte les deux héroïnes à un point de départ.

    Ce sont deux jeunes femmes, affirmées, audacieuses, indépendantes et complémentaires puisque l'une pratique la magie de l'eau, l'autre celle du feu. Au départ elles ne se connaissent pas mais des créatures qui émergent de la brume vont les faire converger l'une vers l'autre.
    Le symbole de la réunion de ces deux éléments suffit à démontrer que ça n'est pas que mon imagination: il se dégage des scènes où elles se battent ensemble une forme de sensualité plus ou moins explicite qui est très agréable.

    J'en connais (au moins une, mais qui milite pour dix) qui souhaitent qu'une romance se déclenche entre les deux héroïnes dans le volume suivant et je reconnais que... moi-même... quand je m'autorise... C'est que j'ai un faible pour les scènes de premier baiser. Et encore plus pour toute la tension qui précède cet instant où l'on sait que ça va arriver. Un premier baiser réussi et mon cœur est conquis à tout jamais. Qu'on se le tienne pour dit.

    Finalement, ma seule critique*, c'est que c'est de la fantasy jeunesse et que ce n'est pas mon genre favori. J'ai un peu trop d'attentes, ça me semble souvent manquer de complexité, de densité. Je suis chiante, je sais. Mais je ne peux pas retrouver mon regard d'enfant. J'en suis incapable. Quelqu'un a le mode d'emploi ?

    Je lirai bien sûr avec plaisir le tome 2 mais si elles finissent l'une ou l'autre avec un jeune homme... :(

     

    * Ah et aussi le choix de l'alternance des points de vue, un coup une fille, un coup l'autre, à la première personne. Il faut que je creuse la question, mais je dois aussi avoir un problème avec les récits à la première personne.

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  • Ce petit truc en plus

    ce n'est pas toi que j'attendais, toulmé, cauchemar réalisé, trisomie, plus pour le même prix, Ce n'est pas toi que j'attendais, Fabien Toulmé

    Je n'ai pas eu à aller bien loin pour trouver ce roman graphique puisqu'il était sur la table du salon. Avec ce titre et la couverture, je savais d'instinct à quoi m'attendre. Je l'ai lu rapidement, c'était émouvant. D'autant plus que l'auteur y raconte sa propre expérience, autour de la naissance de sa seconde fille. Sa pire crainte était d'avoir un bébé trisomique et dès le premier regard à la maternité il sent que quelque chose ne va pas. Mais le personnel médical ne cesse de le rassurer... et pourtant.

    C'est courageux de raconter dans un livre le rejet qu'on peut ressentir vis à vis d'un de ses enfants. Pendant des semaines, voire des mois, il est incapable de la prendre dans ses bras ou de lui parler. Il n'est même pas question de l'aimer. Ce n'est pas cet enfant-là qu'il voulait. Trop de problèmes. Trop de difficultés à gérer le regard des autres.

    Des petites malchances dans le suivi de grossesse aux innombrables rdv et au parcours du combattant qu'impose l'arrivée d'une enfant trisomique, la B.D. nous ouvre les portes d'une famille en cours de construction, sur de nouvelles bases.

     

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  • Chasse à l'urss

    nouvelle sparte, lhomme, futur, couvertureNouvelle sparte, Erik L'Homme

    Si vous avez une étagère dans votre bibliothèque au carrefour entre l'antiquité et le futur, c'est là qu'il faut poser ce roman, qui m'a secouée un peu de ma torpeur et marque peut-être la fin de mon hibernation estivale. J'attends juste la confirmation que le thermomètre de la chambre ne repassera plus la barre des trente degrés la nuit...

    Valère et Alexia, seize ans, vivent dans une société légèrement postérieure à la nôtre, dans une cité-état au bord du lac Baïkal, dotée d'une technologie avancée mais dont la principale particularité est d'être un curieux mélange d'inspiration antique avec culte de l'exercice physique, temples dédiés aux dieux grecs (et la référence à Sparte bien entendu)  et de valeurs communistes ( mise en commun des ressources, travail au profit de la communauté).

    Tandis que le reste du monde a sombré dans la consommation à outrance, que les inégalités entre les classes sociales se sont creusées, que la pollution est devenue la norme, Nouvelle Sparte est un écrin de nature, de sagesse, de vie saine, d'équilibre entre développement personnel et collectif. Même la religion me convient :

    "Il sait aussi que les dieux ne font pas de miracles mais donnent aux âmes la force de les accomplir"

    Un paradis sur terre, pour lequel je suis prête à signer de suite !

    Nos deux jeunes héros, amoureux, viennent juste de terminer leur kryptie, ce rite de passage qui les fait entrer dans l'âge adulte, quand des attentats viennent briser la tranquillité de la cité. Pour découvrir les instigateurs de ces crimes, Valère va devoir quitter le seul monde qu'il connaît, pour s'infiltrer dans une version sombre du nôtre.

    Ce roman jeunesse, dont la seule faiblesse est une intrigue un poil trop linéaire et prévisible, est à la fois un récit initiatique, un roman d'espionnage, le support à une réflexion sur la xénophobie et un morceau délicieux de poésie. Car l'écriture est à l'image du récit - difficile à décrire, déjà - à la fois ampoulée, d'un lyrisme exagéré, surannée mais bourrée de néologismes ou de combinaisons inédites de termes qui ralentissent la lecture et nous obligent à examiner les formules choisies, ce qui n'est pas plus mal. Avec l'habitude et la crainte de ne jamais réussir à lire tout ce que je voudrais lire, j'ai parfois l'impression que mes yeux traversent les romans à bord d'un 4x4 du Dakar.

    Comble de l'ironie, je n'ai été gênée que par l'usage olé-olé des temps et des concordances. L'hôpital qui se fout de la charité, je sais...

    "Elle lui sourit - chaleur-dans-son-coeur. "J'y serai." Il sort de la taverne alors que le soir se muait en nuitée."

    C'est aussi une histoire d'amour, traitée à travers le thème de la séparation. D'amour et de désir, le corps n'est pas oublié. Je souscris à cette vision de la sexualité naissante, c'est joyeux, sans pudeur excessive, cash et très doux, comme j'aime. A cause de ces quelques propos sur le sexe, de l'âge des protagonistes, de mon petit côté vierge effarouchée, de ma tendance à croire à l'innocence des enfants jusqu'au baccalauréat, mais aussi de l'impression globale de maturité, le roman me semblait plutôt destiné à des ados, toutefois le débat est toujours ouvert. Solessor confirmera : à partir de 10 ans, elle conseille.

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  • Born to be a liar

    menteuse,larbalestier,la maison décline toute responsabilité si vous vous retrouvez avMenteuse, Justine Larbalestier

    Avis chrono'

    L'idée de départ est très bonne : la narratrice est une menteuse, annoncée comme telle. Bon courage pour démêler ensuite le vrai du faux dans son récit. Tout devient suspect. C'est sadique, ouaip, vachement sadique. Alors j'aime.


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